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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/208

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Notæ in acta eruditorum Lipsiensia. — On rendit compte de la manière suivante de la Scienza nuova dans les Acta eruditorum de Leipsick (août 1727) :

« Il a paru à Naples un livre intitulé : Principj d’una Scienza nuova, in 8°. Quoique l’auteur cache son nom aux érudits, cependant nous avons su, par un Italien de nos amis que c’est un abbé napolitain, appelé Vico. L’auteur a mis en avant dans ce livre un nouveau système de droit naturel, ou plutôt une fiction tirée de principes tout différents de ceux que les philosophes ont admis jusqu’à ce jour, et plus accommodée à l’esprit de l’Église romaine. Il a pris beaucoup de peine pour combattre les doctrines de Grotius et de Puffendorf ; cependant il donne plus à son imagination qu’à la vérité ; il succombe sous la masse des hypothèses qu’il entasse. Aussi a-t-il été reçu des Itahens même avec plus de froideur que d’applaudissements. »

Vico publia deux ans après une réponse à cet article, intitulée : Notœ in acta eruditorum Lipsiensia, avec cette épigraphe tirée de Tacite : Quibus unus metus si intelligere viderentur. Il traite le critique anonyme, qu’il désigne ailleurs comme un Italien, du nom de vagabond inconnu (ignotus erro).

« Le sujet propre de la Scienza nuova, qui est la nature des nations, est laissé dans un vaste silence… Ce n’est pas le Droit naturel qui est le premier sujet de cette science, comme le croit le critique, c’est la Nature commune des nations ; d’où sort et se répand également chez tous les peuples une connaissance constante et universelle des choses divines et humaines ; de là se découvre un nouveau système de