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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/194

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absolue) ; mais elle est fondée elle-même médiatement sur quelque vérité. Dans toutes les fictions légales, lorsqu’elles appartiennent au droit volontaire, il y a toujours quelque fondement de vérité. La jurisprudence civile semble quelquefois s’écarter du droit naturel dans l’intérêt de la société ; mais en cela même elle y rentre sous quelque rapport. — Page 108 : L’ordre naturel des choses est comme l’esprit de la société ; les lois n’en sont que la langue. Autant la pensée est plus vraie que la parole, autant l’ordre naturel des choses est plus raisonnable et plus constant que les lois. Le premier établi par Dieu même dicte toujours ce qui est juste ; mais nous altérons nous-mêmes la vérité que Dieu montre à notre intelligence par cette sagesse des sens qui n’est que folie, et l’imperfection du langage empêche souvent la loi de correspondre à l’ordre éternel. — Page 161 : Les préteurs modéraient sans cesse par des fictions légales la rigueur de la loi civile. On pourrait donc dire avec vérité, que de même que le droit civil en général est une imitation du droit des gens (imitatio et fabula), le droit des préteurs était au fond le droit naturel sous l’image et le masque du droit civil (sub juris civilis aliqua persona et imagine).


De constantia jurisprudentis (c’est-à-dire de l’uniformité des principes qui caractérise le jurisconsulte, le sage, le philosophe-philologue). Chapitre xxxv de la seconde partie : « Les Romains ont-ils emprunté quelque partie de la législation athénienne pour l’insérer dans les lois des Douze Tables ? Passons en revue les