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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/191

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humaine étaient au nombre de trois : connaître, vouloir, pouvoir, dont le principe unique est l’intelligence ; l’instrument, et comme l’œil de l’intelligence, c’est la raison, à laquelle Dieu fournit la lumière de la vérité éternelle.

Certains de la réalité de ces trois éléments, comme de notre propre existence, développons-les par la pensée, cette seule chose dont nous ne pouvons douter dans le monde. Pour faciliter ce travail, nous diviserons tout le système en trois parties : I. Les principes de toutes les sciences dérivent de Dieu. II. Par les trois éléments dont nous avons parlé, la vérité éternelle, ou lumière divine, pénètre toutes les sciences, les enchaîne de la manière la plus étroite, forme entre elles d’innombrables rapports, et les fait toutes remonter à Dieu, qui en est la source et l’origine. III. Tout ce qu’on a jamais dit ou écrit sur les principes des connaissances divines et humaines est vrai, s’il se rapporte à ces règles infaillibles ; faux s’il s’en écarte, comme nous entreprendrons de le démontrer.

En conséquence, relativement à la connaissance des choses divines et humaines, je traiterai trois points : leur origine, leur retour, leur rapport de situation. Par leur origine, elles sortent toutes de Dieu ; par leur retour, elles remontent toutes vers Dieu ; par leur situation, elles existent toutes en Dieu ; sans Dieu, elles ne sont plus qu’illusion et faiblesse.

J’expliquerai préalablement le sens propre de deux mots : le vrai et le certain doivent être distingués aussi bien qu’on distingue ordinairement leurs contraires, le faux et le douteux. Le certain est aussi différent du vrai que le douteux l’est du faux. Si ces mots n’étaient