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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/169

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voudrait s’unir à l’homme. D’esprit : telle est la variété des opinions qui naissent de la diversité des goûts, des sens, des sentiments dans lesquels aucun homme ne s’accorde avec son semblable. De cœur : par suite de sa corruption, la conformité même des vices ne peut concilier les hommes entre eux. Le remède à notre corruption, c’est la vertu, la science et l’éloquence ; elles seules peuvent ramener les hommes à un sentiment uniforme.

Voilà pour la fin des études. Si l’on cherche maintenant l’ordre que l’on y doit suivre, on trouvera que, comme les langues ont été le plus puissant moyen de rendre stable la société humaine, c’est par les langues que les études doivent commencer. En effet, elles demandent surtout de la mémoire, et la mémoire est la faculté principale des enfants. Cet âge, où le raisonnement est faible encore, ne se règle que par les exemples, et pour faire impression les exemples ont besoin de s’adresser à une imagination vive comme celle des enfants. Occupons-les donc de l’étude de l’histoire, tant véritable que fabuleuse. Leur âge est déjà raisonnable, mais il n’a point de sujet sur lequel il puisse raisonner. Qu’ils apprennent à bien diriger cette faculté dans l’étude de la géométrie, qui demande aussi de la mémoire ; qu’ils épuisent dans ses abstractions cette faculté en quelque sorte matérielle et concrète de l’imagination, qui, plus tard, ayant acquis toute sa force, devient la mère de toutes nos erreurs et de toutes nos misères. Qu’ils s’appliquent à la physique, et contemplent dans cette science l’univers matériel, en s’aidant des mathématiques pour la connaissance du système du monde. Qu’ensuite, sortant