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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/161

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c’est que nous avons réduit en art une foule de choses qui devraient être abandonnées à la prudence, à l’habileté pratique. La prudence prend conseil des circonstances qui sont en nombre infini, et qui par conséquent échappent à toute prévoyance. Aussi rien de plus inutile dans la pratique que ces préceptes généraux… Les arts de ce genre, ceux de la rhétorique, de la poésie, de l’histoire, doivent se contenter, comme les hermès que les anciens plaçaient dans les carrefours, de nous indiquer la route et le but ; la route c’est la philosophie, le but c’est la contemplation de la nature dans sa plus haute perfection. Lorsque la philosophie était seule cultivée, et qu’elle renfermait en quelque sorte tous les arts dans son sein, les écrivains les plus illustres ont fleuri dans ces trois genres, chez les Grecs, chez les Latins et chez les modernes.

Pour prouver l’inconvénient de réduire en art les choses qui doivent être abandonnées en grande partie à la prudence, Vico esquisse l’histoire de la jurisprudence romaine. Les idées les plus importantes que présente ce morceau remarquable ont été plus tard reproduites avec plus d’originalité encore au commencement de son opuscule De juris uno principio et fine, et surtout dans le quatrième livre de la Science nouvelle. Dans le discours dont nous donnons ici l’extrait, il rapporte tous les mystères de la jurisprudence romaine à la politique des patriciens. Voyez l’explication bien plus philosophique qu’il en donne ailleurs (Science nouvelle., livre IV, chapitre iii, et passim). Il rentre ensuite dans son sujet, en comparant les inconvénients et les avantages de l’ancienne jurisprudence et de la moderne.

Il était utile sous la république romaine que la juris-