Ouvrir le menu principal

Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/157

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


est un art de deviner, prenons garde que les jeunes gens n’y aient trop souvent recours, comme à une sorte de machine ; nec deus intersit, nisi dignus vindice nodus inciderit.

La médecine moderne, contraire en cela à celle des anciens, croit connaître les causes des maladies, et néglige d’en observer les symptômes précurseurs. Bacon a reproché aux partisans de Galien d’employer le syllogisme dans leurs pronostics sur les causes des maladies ; je n’approuve pas plus le sorite si usité chez les modernes. Ni l’un ni l’autre ne nous apprennent rien de nouveau, puisqu’ils ne font que développer, dans une seconde proposition, ce qui était déjà contenu dans la première. Le principal instrument de la médecine doit être l’induction. Elle ne doit point cultiver exclusivement la thérapeutique des modernes, mais aussi l’hygiène des anciens, qui comprend la gymnastique et la diurétique.

Mais le plus grand inconvénient de nos études modernes, c’est qu’elles cultivent les sciences naturelles aux dépens des sciences morales, et qu'elles négligent surtout la partie de la morale qui nous fait connaître les affections de l’âme humaine, les caractères propres aux vices, aux vertus, et la diversité des mœurs, selon l’âge, le sexe, la condition, la fortune, la famille, ou la patrie des individus ; étude difficile, mais également utile pour former à la pratique des affaires et à l’éloquence. Aussi, avons-nous presque abandonné les grandes et nobles études de la politique. Les modernes n’ont qu’un but dans leurs tra-

    semblait que résoudre un problème de géométrie par les équations, c’était jouer un air en tournant une manivelle. » Confessions, liv. XI. (N. du T.)