Ouvrir le menu principal

Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/143

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


encore dans le Purgatoire et le Paradis que dans l’Enfer si exclusivement admiré. — 1730. Pourquoi les orateurs réussissent mal dans la poésie. — De la grammaire. — 1720. Remerciement à un défenseur de son système. Dans cette lettre curieuse, Vico explique le peu de succès de la Scienza nuova. On y trouve le passage suivant : « Je suis né dans cette ville, et j’ai eu affaire à bien des gens pour mes besoins. Me connaissant dès ma première jeunesse, ils se rappellent mes faiblesses et mes erreurs. Comme le mal que nous voyons dans les autres nous frappe vivement, et nous reste profondément gravé dans la mémoire, il devient une règle d’après laquelle nous jugeons toujours ce qu’ils peuvent faire ensuite de beau et de bon. D’ailleurs je n’ai ni richesses ni dignité ; comment pourrais-je me concilier l’estime de la multitude ? » etc. — 1725. Lettre dans laquelle il se félicite de n’avoir pas obtenu la chaire de droit, ce qui lui a donné le loisir de composer la Science nouvelle. — Lettre fort belle sur un ouvrage qui traitait de la morale chrétienne, à Mgr Muzio Gaëta. — Lettre au même, dans laquelle il donne une idée de son livre De antiqua sapientia Italorum. « Il y a quelques années que j’ai travaillé à un système complet de métaphysique. J’essayais d’y démontrer que l’homme est Dieu dans le monde des grandeurs abstraites, et que Dieu est géomètre dans le monde des grandeurs concrètes, c’est-à-dire dans celui de la nature et des corps. En effet, dans la géométrie l’esprit humain part du point, chose qui n’a point de parties, et qui, par conséquent, est infinie ; ce qui faisait dire à Galilée que quand nous sommes réduits au point, il n’y a plus lieu ni à l’augmentation, ni à la diminution, ni à l’égalité… Non seulement dans les problèmes, mais aussi dans les théorèmes, connaître et faire, c’est la même chose pour le géomètre comme pour Dieu. »

Les réponses des hommes de lettres auxquels écrit Vico, donnent une haute idée du public philosophique de l’Italie à cette époque. Les principaux sont Muzio Gaëta, archevêque de Bari ; un prédicateur célèbre, Michelangelo, capucin ; Nicolo Concina, de l'ordre des Prêcheurs, professeur de philosophie et de droit naturel, à Padoue, qui enseignait plusieurs parties de la doctrine de Vico ; Tommaso Maria Alfani, du même ordre, qui assure avoir été comme ressuscité, après une longue maladie, par la lecture d’un nouvel ouvrage de Vico ; le duc de Lorenzano, auteur d’un ouvrage sur le bon usage des passions humaines ; enfin l’abbé Antonio Conti, noble vénitien, auteur d’une tragédie de César, et qui était lié avec Leibnitz et Newton. Vico était aussi en correspondance avec le célèbre Gravina, avec Paolo Doria, philosophe cartésien ; avec