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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/130

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« Vous ne pouvez, monsieur, trouver un correspondant plus versé dans tous les genres d’études que le très révérend P. Lododi, qui s’offre à faire imprimer votre livre. J’ai été un des premiers à goûter le projet, et à le faire goûter à mes amis. Tous conviennent que nous n’avons en italien aucun livre qui contienne plus d’érudition et de philosophie, aucun plus original. J’en ai fait passer en France un petit extrait, pour apprendre aux Français qu’on peut ajouter et changer beaucoup aux idées que l’on a sur la chronologie, la mythologie, la morale et la jurisprudence, que ce peuple a surtout étudiée. Les Anglais seront obligés au même aveu, en lisant votre livre. Une nouvelle impression et un caractère plus facile rendront cet ouvrage universel. Il est temps, monsieur, que vous y ajoutiez tout ce que vous croirez propre à en fortifier l’érudition, ou à en développer des idées qui ne sont qu’indiquées. Je vous conseillerais de mettre en tête une préface qui, en exposant vos principes, offrirait le système harmonique qui en dérive, et qui peut s’étendre même aux choses futures, toutes dépendantes des lois de l’histoire éternelle, dont l’idée est si sublime et si féconde. »

L’autre lettre, restée à la poste, était du comte Gio. Artilo di Portia, dont nous avons parlé, et frère du cardinal Leandro di Portia, aussi illustre par sa noblesse que par ses connaissances en littérature. Il lui écrivait dans le même sens à la date du 14 décembre 1724.

Vico se mit avec ardeur à écrire ses notes et ses commentaires. Pendant deux années environ que dura ce travail, il arriva que le comte de Portia lui écrivit