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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/127

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Dans ce discours, Vico voulut éprouver si la délicatesse des Grecs pouvait s’allier à la pompe latine, et si l’italien était susceptible de ces deux qualités. On le trouve dans un recueil in-4°. Les premières lettres y sont gravées sur cuivre avec des emblèmes de l’invention de Vico, et qui font allusion au sujet. L’introduction a été faite par le P. D. Roberto Sostegni, chanoine florentin de Latran, homme dont les connaissances littéraires et les manières aimables firent les délices de Florence ; mais il était d’une humeur très colérique qui lui occasionna de fréquentes maladies, et il mourut enfin d’un dépôt de bile formé dans le flanc droit. Il fut regretté de tous ceux qui l’avaient connu. Il savait si bien se modérer qu’on l’aurait cru naturellement très doux. Élève de l’illustre abbé Anton Maria Salvini, il avait appris les langues orientales et le grec ; il était très fort en latin, surtout en poésie latine : s’il écrivait en toscan, son style était nerveux comme celui de del Casa ; en fait de langues vivantes, il connaissait, indépendamment du français, devenu presque la langue commune, l’anglais, l’allemand, et même un peu le turc. Il y avait dans sa prose de l’enchaînement et de l’élégance. Telle était sa bonté pour Vico qu’il disait publiquement que la lecture du livre De uno juris principio l’avait déterminé à venir à Naples. Vico fut le premier qu’il voulut y connaître, et il a entretenu avec lui des rapports très intimes.

Vers ce temps, le comte Gianartico di Portia, frère du cardinal Leandro di Portia, aussi distingué par ses talents que par sa noblesse, eut l’idée de faire connaître à la jeunesse, pour la diriger dans ses études, la vie littéraire des hommes célèbres ; il daigna comp-