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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/121

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m’a fait éprouver la réception de votre affectueuse lettre ; elle me rappelle mon heureux séjour dans cette ville délicieuse. Il suffira de dire que j’y ai toujours été comblé d’obligeance et de grâce par les savants les plus distingués, par vous surtout, qui avez poussé la courtoisie jusqu’à me faire part de vos précieux et sublimes ouvrages. Aussi, n’ai-je pas manqué de m’en vanter et à mes amis et aux gens de lettres que j’ai fréquentés dans mes voyages en Italie et en France. J’enverrai le paquet et la lettre de Jean Leclerc à un de mes amis à Amsterdam, qui les lui remettra en mains propres. Je m’acquitterai d’un devoir en remplissant la commission dont vous me chargez. Je vous remercie de votre attention délicate pour l’exemplaire que vous me donnez. Je l’ai lu dans une société d’amis, et nous avons admiré la sublimité du sujet et l’originalité des idées qui, selon l’expression de Leclerc, outre le charme et l’utilité qu’elles offrent au lecteur attentif, suggèrent à l’esprit une foule de pensées étranges et sublimes. » Vico n’eut point de réponse à sa lettre, soit que Leclerc fût mort, soit que la vieillessse l’eût fait renoncer à toute correspondance littéraire.

Au milieu de ces études sévères, Vico eut plus d’une occasion de s’exercer dans des genres moins sérieux. A l’arrivée du roi Philippe V à Naples, le signor Seraphino Biscardi, d’abord excellent avocat et depuis grand chancelier, le chargea, de la part du duc d’Ascalona, de composer, en sa qualité de professeur royal d’éloquence, un discours pour féliciter le roi sur sa venue. A peine en fut-il averti huit jours d’avance, et il se vit ainsi obligé de l’écrire et de le faire imprimer