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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/116

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humain, il déroule le tableau d’une histoire idéale, éternelle, conforme à l’idée de la Providence, idée qui, comme tout l’ouvrage le démontre, a dominé la formation du droit des gens. C’est dans le cadre de cette histoire éternelle que viennent se placer successivement toutes les histoires particulières des nations, dans l’ordre de leur naissance, de leur progrès, de leur force, de leur décadence et de leur fin.

Les Égyptiens, qui reprochaient aux Grecs d’ignorer l’antiquité, leur disant qu’ils étaient toujours dans l’enfance, fournissent à Vico les deux grandes divisions des temps anciens, subdivisées, l’une en trois époques, l’âge des dieux, l’âge des héros, l’âge des hommes ; l’autre de même en trois parties, séparées par autant de siècles et dans lesquelles se parlèrent trois langues, la langue divine et muette des hiéroglyphes ou caractères sacrés, la langue symbolique ou métaphorique des héros, et la langue littérale, langue de convention accommodée aux besoins de la vie. Il prouve ainsi que la première époque et la première langue doivent se rapporter à la famille, qui chez toutes les nations dut nécessairement exister avant la cité ; les pères, sous le gouvernement des dieux, étaient les souverains qui réglaient toutes les choses humaines par le moyen des auspices. Les mythes des Grecs fournissent à Yico l’explication simple et naturelle de l’histoire de cet âge. Il y observe que les dieux de l’Orient, comptés depuis par les Ghaldéens au nombre des constellations, passèrent de Phénicie en Grèce, ce qui arriva selon lui après les temps d’Homère, et trouvèrent chez les Grecs, comme plus tard chez les Latins, les noms des dieux prêts à les accueillir.