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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/106

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des points les plus difficiles en matière de droit ; il sentait du moins qu’il y aurait de l’audace et de l’ignorance à l’accuser d’avoir fait un tel choix ; ce sujet est si difficile, que Cujas, en définissant les noms des lois, s’enorgueillit à juste titre, en disant : Venez apprendre auprès de moi ; et il estime Papinien le premier des jurisconsultes romains, par cela seul qu’il a mieux que personne donné d’excellentes et nombreuses définitions. Les concurrents comptaient bien sur quatre difficultés, quatre écueils contre lesquels devait échouer Vico ; tous étaient persuadés qu’il commencerait par une longue et pompeuse énumération de ses services envers l’Université ; quelques-uns, qui connaissaient sa portée, s’attendaient à ce qu’il développât son texte d’après ses principes de droit universel et qu’il excitât les murmures de l’assemblée en s’écartant des lois établies pour le concours. Le plus grand nombre, qui regardaient les professeurs de droit comme les seuls maîtres en cette faculté, sachant que la loi en question avait été traitée par Hotman, avec une érudition profonde, s’imaginaient que Vico suivrait Hotman dans sa leçon, ou que Fabrot ayant attaqué les commentaires des premiers interprètes de cette loi, sans que personne lui eût répondu, Vico aurait suivi la même marche sans oser la combattre. Mais la dissertation de Vico réussit au delà de toute attente : car après une courte, grave et touchante invocation, il récita aussitôt le premier paragraphe de la loi, dans lequel il renferma sa glose ; et après cet énoncé sommaire, après une division aussi nouvelle dans ces sortes de discussions qu’elle était familière aux jurisconsultes romains (qui vont toujours répétant : Ait lex, Ait senatus consultum,