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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/100

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par la religion chrétienne. Vico fit une étude bien plus approfondie de cet ouvrage de Grotius, après qu’on lui eut demandé quelques notes pour une nouvelle édition du Droit de la guerre et de la paix, et Vico les donna moins pour expliquer Grotius que pour réfuter les commentaires que Gronovius avait écrits pour complaire à un gouvernement républicain, et non par amour de la justice. Il avait déjà écrit ses notes sur le premier livre et la moitié du second, lorsqu’il s’arrêta, réfléchissant qu’il convenait peu à un chrétien d’orner de notes l’ouvrage d’un hérétique.

Avec ces études, ces connaissances et ces quatre auteurs qu’il admirait plus que tous, en tâchant de les soumettre à l’esprit de la religion catholique, Vico comprit enfin qu’il n’avait pas encore paru dans la république des lettres un système qui conciliât la meilleure des philosophies, celle de Platon, subordonnée au christianisme, avec une philologie qui obligeât à l’étude des deux histoires, celle des langues et celle des faits, de manière que l’histoire des langues tirât sa certitude de l’histoire des faits, et qu’un tel système pût mettre en harmonie et les maximes des sages des académies, et les actions des sages des républiques ; et alors se présenta tout à coup à lui ce qu’il avait cherché dans ses premiers discours d’ouverture, ébauché dans sa dissertation De nostri temporis studiorum ratione, et déjà poli dans sa métaphysique. Enfin, en 1719, à une ouverture publique et solennelle des études, il se proposa de traiter ce sujet : « Tous les éléments du savoir divin et humain se réduisent à trois : connaître, vouloir, pouvoir : leur principe unique est l’esprit ; l’œil de l’esprit est la raison qui reçoit de Dieu