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Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1811 - Tome 84.djvu/91

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les événements politiques qui survinrent, apportèrent de grands obstacles à cette entreprise, et Thiébaut se vit, à son grand regret, forcé de borner ses courses scientifiques à l’Italie, aux îles qui l’avoisinent et à quelques parties de la Grèce. C’était surtout d’antiquités et d’histoire naturelle qu’il s’occupait et qu’il entretenait ses correspondants de Paris. En 1804 il leur écrivit sur la fièvre jaune qui venait d’éclater à Livourne ; et sa lettre, communiquée à l’Institut, y fut l’objet d’un rapport très-honorable. A l’exemple de ses amis Valentin et Devèze, il s’y montrait anticontagioniste ; ce qui est devenu l’opinion de la plupart des médecins. On croit qu’il dut alors à ses travaux, sur cet important sujet, l’honneur de la décoration de la Légion-d’Honneur que le ministre de l’intérieur lui envoya sans qu’il l’eût demandée ; mais toujours fortement attaché à ses principes de démocratie, il la refusa fièrement, préférant, pour les avances qu’il avait faites, un dédommagement en argent, qu’il demanda et ne reçut pas, quel que fut le pressant besoin qu’il en eût. Revenu à Paris, en 1808, Thiébaut de Berneaud s’y lia de plus en plus avec Tissot (Voy. œ nom dans ce vol.), dont il partageait depuis longtemps les opinions et les travaux politiques. Il publia divers écrits de science, de littérature, travaillant en même temps à la rédaction de plusieurs ouvrages collectifs, notamment la Bibliothèque physico-économique, à laquelle il concourut pendant dix ans, et les comptes rendus de la Société linnéenne, dont il fut le secrétaire pendant sept ans, depuis sa réorganisation, jusques et y compris l’année 1826, dans laquelle il produisit seulement six numéros in-8º. Dans les dernières années de sa vie, il avait obtenu un emploi à la bibliothèque Mazarine. C’est dans cette position qu’il est mort en 1840. Ses ouvrages publiés sont : I. Annuaire de l’industrie française ou Recueil par ordre alphabétique des inventions, découvertes et perfectionnements dans les arts, utiles et agréables, qui se font à Paris et dans les départements, contenant l’état actuel des manufactures, fabriques, ateliers et autres établissements d’industrie française avec les noms des inventeurs, etc. 1811 et 1812, 2 vol. in-12. Sonnini a eu part à la première année. II. Traité du père de famille, Paris, 1799, in-8º. III. Voyage à l’isle des Peupliers, Paris, in-8º. IV. Exposition du tableau philosophique des connaissances humaines, d’après Bacon et Diderot, ouvrage dont nous avons parlé. V. Voyage à l’isle d’Elbe suivi d’une notice sur les isles de la mer Tyrrhénienne, 1808, 8º avec cartes. VI. Du genêt considéré dans ses rapports avec les différentes espèces et des avantages qu’il offre à l’agriculteur, etc., 1810, in-8º. VII. De l’orme, 1811, in-8º. VIII. Prejugés particuliers à l’agriculture, 1812, in-8º. IX. Description de la Lembertine, machine à pétrir le pain, 1813, în-8º. X. Voyage à Ermenonville, où se trouve un éloge de Mme Charlotte de Berneaud qui venait de mourir, par Al. Tissot, ami de Thiébaut, Paris, 1819, in-12. XI. Notice historique et bibliographique des journaux et feuilles périodiques, de politique, de littérature et de sciences, publiés tant en France qu’en diverses parties du globe, Paris, 1821, in-8º. XII. Exposition de la doctrine botanique et du système