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Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1811 - Tome 84.djvu/61

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combla de ses bontés, pendant son séjour à Rome, obtint de Sa Sainteté le corps de saint Victor avec l’épitaphe et la fiole de sang, et les remit à Mgr Pallavicini, qui voulut bien alors se dessaisir du corps de sainte Theudosie. Mgr de Salinis, de retour en France, déposa les saintes reliques dans la chapelle des religieuses Augustines du faubourg du Boule à Paris. Tansportées plus tard dans le diocèse d’Amiens, elles furent d’abord placées dans l’église de Saint-Acheul, sur le tombeau de saint Firmin. Le 11 oct. 1853, on procéda à la recognition canonique, et, le lendemain 12, eut lieu la cérémonie de la translation solennelle. Tout le clergé du diocèse s’était rendu à Amiens avec un nombreux concours de fidèles qu’on évalue à deux cent mille personnes. Jamais cérémonie de ce genre n’eut tant d’éclat et ne fut ordonnée avec tant de goût. Trois cardinaux. LL. EE. le cardinal Morlot, archevêque de Tours, le cardinal Wiseman, archevêque de Westminster (Angleterre), le cardinal Gousset, archevêque de Reims métropolitain, les archevêquesde Bogota (Nouvelle Grenade), de Dublin, de Tuam (Irlande), de Sens, de Cambrai, de Babylone, les évêques du Mans, d’Arras, de Tournay, de Bruges, de Namur, de Gand (Belgique), de la Basse-Terre (Guadeloupe), d’Alger, de Lausanne (Suisse), de Beauvais, de Versailles, de Soissons, de Poitiers, d’Angoulême, de Mallos, d’Archiéri, d’Adras, et enfin Mgr l’évèque d’Amiens, donnaient par leur présence un caractère imposant et tout à fait extraordinaire à cette solennité. La procession, qui formait, un cortége triomphal autour de sainte Theudosie, et qui célébrait son retour avec tant de pompe, occupait une immense ligne qui s’allongeait sans fin. En tête s’avançaient les députations des doyennés d’Amiens, portant devant elles les bannières et les principales reliques de leurs églises ; venaient ensuite les nombreuses confréries, les religieux et les religieuses, le clergé de la ville et enfin la sainte placée sur un char de triomphe et suivie des évêques, archevêques et cardinaux, qui formaient le cortège. La ville d’Amiens se montra digne de cette majestueuse cérémonie, et ses habitants firent à leur illustre et glorieuse compatriote un accueil digne d’eux et d’elle. La fête se prolongea pendant plusieurs jours, les prélats célébrèrent les saints offices. Plusieurs firent le panégyrique de la sainte. Ce fut le cardinal Wiseman, qui parla le premier jour, l’évêque de Poitiers le deuxième, et M; l’abbé Combalot, le troisième. Un immense auditoire remplissait la cathédrale. Mais il fallait élever à la sainte martyre un monument qui répondît à ces saintes émotions ; la piété de l’impératrice se chargea de ce soin, en visitant la basilique d’Amiens, dont S. M. l’Empereur lui faisait admirer les voûtes hardies, elle demanda à Mgr de Salinis, quelle était la somme nécessaire à la construction de la chapelle qu’il destinait à sainte Theudosie. Le prélat consulta l’architecte M. Viollet le Duc, qui était présent et qui évalua à trente mille francs la restauration de cette chapelle dans le style du xiiie siècle. Sa Majesté l’impératrice mit aussitôt cette somme à la disposition de Mgr de Salinis.

Pour conserver la mémoire de ces pieux événements il a été publié, sous les auspices de monsei-