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Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1811 - Tome 84.djvu/41

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Paris, lui offrira peut-être de nouvelles particularités sur l’auteur. Il se pourrait qu’il en recueillît aussi dans les deux suivants, qu’il n’a encore fait qu’indiquer. II. La Marguerite de France, « c’est-à-dire l’histoire du gouvernement français. » III. Traité des Divinités poétiques. IV. Le Triumphe des vertus, Ouvrage allégorique, divisé en trois parties, précédées d’une Epistole à Louise de Savoie et d’un Prologue de l’explorateur. « Dans ce livre a singulier, dit le P. Montfaucon, Thenaud s’est proposé de faire une sorte de Pélerinage de la vie humaine. Précurseur de Rabelais (dont il a quelquefois la verve], il nous fait passer en revue, comme le curé de Meudon, les états de la société, les écueils de la vie, lés vices et les vertus que l’on doit éviter ou tenter de pratiquer. Il y a, dans l’exécution de ce plan de la philosophie, de l’érudition et quelquefois de la profondeur. » On voit par cette analyse que Montfaucon avait donné une idée peu exacte de ce livre, en le désignant ainsi : Histoire du temps de Francois Ier, remplie de digressions morales, louanges et exhortations audit Roi. M.P. Paris, pense que l’espèce de poëme en prose du prieur d’Angoulême a été écrit vers 1518, et il ajoute que : « ceux qui voudront approfondir l’histoire des premières années du règne de François Ier, et étudier l’esprit, le caractère, et juger l’état de l’opinion publique au moment même où Calvin allait bouleverser toute la morale chrétienne, feront bien de lire attentivement le Triumphe des vertus. » Un autre stimulant à la curiosité, encore signalé dans cette œuvre, c’est que Thenaud y a entremélé « des morceaux précieux, comme la description de la Touraine et celle de l’Angoumois, la description des jeux ; l’apologie des tournois ; les considérations sur la noblesse ; les conditions que doivent avoir les bonnes nourrices, etc., etc. » Quant au style, il est « pédantesque dans les dédicaces, mais moins entaché de ce défaut dans le corps de la composition. » V. La Cabale chrétienne [1], en vers, dédiée à François 1er. « Thenaud, suppose que l’esprit de Charles d’Angoulême, père du roi, apparaît à son fils ; qu’il lui explique sa façon d’exister dans l’autre monde, le système des hiérarchies célestes, enfin la filière des rapports qui sont établis entre les dominations angéliques et les hommes. » Cette production n’a pas l’intérêt de la précédente, et les passages qu’on en rapporte, n’annoncent pas dans l’auteur un grand talent poétique (Voy. Manuscrits francais, etc., par M. Paulin Paris, I, 286–292, IV, 136–144, et VII, 78–82). On ignore l’époque de la mort de Thenaud.B—l—u.

THÉODECTE, orateur et poète tragique grec, florissait vers le milieu du quatrième siècle avant l’ère chrétienne. Il était né dans l’Asie Mineure, à Phasélis[2], ville de Lycie, sur les bords de la mer, non loin du mont Taurus. Son père, qui se nommait Aristandre, lui procura une brillante éducation, et lui fit suivre l’école de Platon et celle d’Isocrate. Suivant Suidas, Théo-

  1. La sainte très-chrétienne cabale métrifiée. (Montfaucon).
  2. Aujourd’hui Fionda ou Fironda, en turc Tehrova, dans l’Anatolie, province de la Turquie d’Asie.