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Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1811 - Tome 10.djvu/419

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explication allégorique et morale de divers passages du Pentateuque ; II. treize livres appelés Glaphyres, c’est-à-dire , profonds et agréables : c’est encore une explication allégorique des histoires de Pentateuque qui ont un rapport visible à J.-C. et à son église; III. Commentaires sur Iaïe et sur les douze petits prophètes ; IV. Commentaires sur l’Évangile de S. Jean, en douze livres, dont dix seulement sont entiers : on n’a que des fragments du 7e et du 8e : on y trouve une réfutation des Manichéens et des Eunomiens ; V. Traité de la trinité intitulé le Trésor ; VI. sept dialogues sur la trinité et deux sur l’incarnation ; VII. trois traités sur la foi, contre Manès, Cérinthe, Photin, Apollinaire et Nestorius ; VIII. cinq livres contre Nestorius ; IX. les douze Anathématismes ; X. deux Apologies des douze Anathématismes, l’une contre André de Samosate, l’autre contre Théodoret de Cyr. XI ; livre contre les Anthropomorphites : c’étaient des moines d’Egypte, ignorants et grossiers, qui croyaient que Dieu avait un corps comme les hommes ; XII. dix livres contre Julien l’Apostat , dédiés à l’empereur Théodose. XIII. vingt-neuf homélies sur la Pâque : les évêques grecs les apprenaient par cœur pour les prononcer ; XIV. Lettres canoniques. Les conciles généraux d’Ephèse et de Calcédoine adoptèrent la seconde lettre à Nestorius, et celle qui est adressée aux Orientaux. La sixième se trouve parmi les canons de l’église grecque. Ce n’est ni l’élégance, ni le choix des expressions, ni la politesse du style qui distinguent les œuvres de Cyille, mais c’est la justesse et la précision avec lesquelles il explique les dogmes, et surtout le mystère de l’incarnation. On estime particulièrement le Trésor et les livres contre Nestorius et Julien. On a deux versions latines peu estimées des Œuvres de Cyrille, l’une par George de Trebizonde, Bâle, 1546. 4 tom. in-fol. ; l’autre par Gentian Hervet, docteur de Sorbonne, Paris, 1575 et 1604, 2 tom. in-fol. La meilleure édition des Œuvres de S. Cyrille est celle qui a été donnée eu grec et en latin, par Jean Aubert, Paris, 1658, 6 tom. ordinairement reliés en 7 vol. in-fol. Le P. Lupus et Baluze ont publié quelques lettres de Cyrille, qui n’avaient été counues ni de Jean Aubert, ni du P. Labbe. On trouve la liturgie de S. Cyrille dans le recueil publié par Victor Scialach, maronite, Vienne, 1604, in-4º. V—ve.

CYRILLE (S.), apôtre des Slaves, naquit à Thessalonique, d’une famille sénatoriale, dans le 9º siècle. Il fit ses études à Constantinople, fut long-temps connu sous le nom de Constantin, et ses vastes connaissances lui firent donner le surnom de Philosophe. Il défendit le patriarche S. Ignace contre les attaques de Photius ; ce dernier enseignait alors qu’il y avait deux ames dans l’homme. Cyrille lui reprocha cette erreur, et Photius répondit qu’il avait seulement voulu mettre à l’épreuve la capacité et la dialectique du patriarche. « Quoi donc, reprit Cyrille, vous lancez vos traits au milieu de la foule, et vous prétendez que personne ne sera blessé. » Les Chazares ou Jazaris, Turks descendus des Iluns et des Scythes européens, s’étant établis dans une contrée voisine de la Germanie, le long du Danube, résolurent d’embrasser le christianisme, envoyèrent des ambassadeurs à l’empereur Michel III, et Cyrille, d’après l’avis de S. Ignace, fut mis à la tête des missionnaires qui allèrent dans leur pays. Il apprit la langue que par-