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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/98

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MKRCVRE DE FRANCE— 16-1-1909 « avocat, elle a prouvé les accointances regrettables deM . Bi- « net avec les réactionnaires et les cléricaux, d ’où il résulte « que M. Binet est un fourbe et un hypocrite. Le Cercle démo- « cratique nedoit pas recevoirles misérables qui trahissent la « cause de la République et de la démocratie, en allant pren- « dre dans lesjésuitières le mot d’ordre parti de Rome. En « conséquence, les membres du Cercle démocratique pronon- « cent l’exclusion deM. Binet,affirmant ainsi une fois de plus « leur attachement à la cause dela raison et de la liberté,dont « la marche en avant entraîne le monde, en dépitdes efforts « coalisés de toutes les réactions. « La commission exécutive du Cercle démocratique a, par « conséquent, l’honneur de vous faire connaître que vous « n’êtes plus membre du Cercle. » Si Binet avaitdésiré gagner à lui les voix réactionnaires, ce n’était certes pas au prix d’une pareille inimitié. Quand sa colère se fut apaisée, il regretta, pour la première fois avec sincérité que les mœurs du temps présent ne fussent paspluslibérales. Si les préoccupations de son intérêt Pavaient rapproché des La Musardière, celles de son plaisir l’incitaient à maintenir ces relations excellentes. Néanmoins, il réfléchit que sa présence, le lendemain, au dîner du mariage de M11®de La Musardière pouvait être des plus préjudiciables à son ave­ nir politique. Il s’y trouverait sans doute avec Monseigneur Saint-Eloy. Ce prélat passait pour redoutable à la Républi­ que. Binet, après avoir réfléchi, décida qu’il s’abstiendrait d’y paraître. Il partirait pour Vince aussitôt après la cérémonie civile, et invoquerait, pour s’excuser auprèsde M. deLa Mu­ sardière, le souci d’affaires pressantes. Monseigneur Saint-Eloy, accompagné d’un vicaire-général, vint lui-même célébrer le mariage qui alliait les de La Musar­ dière aux deLarmance. La nouvelle de la venue du prélat à Beauséjour se répan­ dit promptement. A sa descente de voiture, des femmes lui présentèrent leurs enfants ; il les bénit et les caressa. La joie de M. l’abbé Picquenet rayonnaitsur son visage et le faisait s’épanouir. Quand leprélatdisparutsousleporche, des cris de « Vive Monseigneur! » retentirent. Un déjeuner de viandes froides et de fruits attendait l’évêque dans la salle à m anger