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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/50

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MERCVRE DE FRANCE- 18-1-1903 entrer dans un cloître comme théatin, en être tiré pour deve­ nir abbé grâce à la protection de PElectrice, se faire con­ naître du Tout-Paris de Pépoque, intriguer le duc de Mon­ mouth, tout ceci en une semaine de janvier et une ou deux semaines de février 1669. Ou alors il faut admettre que Louis XIV était au courant de la véritable origine de l’abbé — Jacques de la Cloche,— et qu’Henriette elle-même y a été mise par la lettre du 25 juin .... Puis il y a la question de dates : ici chaque jour compte. Il y a un écart de dix jours entre le calendrier anglais et le calendrier français : Charles écrit le 24 juin que Pabbé Pre­ gnani part le lendemain ; Croissy écrit à Lionne le 4 juillet que Pabbé part pour Paris. Charles, sans aucun doute, met la date anglaise, mais Croissy? S’il met la date française, le 4 juillet de Croissy équivaut au 24juin deCharles et Pabbé est bien parti au jour indiqué (1). Dans ce cas, on conçoit, s’il n’a vu Lionne que vers le 26-27, celui-ci écrive le 27 à Croissy quePabbé n’a pas fait diligence. Ou bien Croissyprend les dates anglaises, et, dans ce cas, Pabbé n’est parti que le 5 juillet anglais, soit le i5 juillet français,date admise (p.261) par Mgr. Barnes ; alors Pregnani ne méritait pas la colère de Lionne, lequel, même en supposant qiie sa lettre ait été trom­ peuse tout exprès, n’aurait pu accuser Pabbé de n’avoir pas fait diligence. Croissy lui-mème eût trouvé étrange cette inconséquence. Il faut donc admettre que Pabbé est parti le 24 juin-4 juillet; il peut avoir débarqué à Calais le 5 ou le 6 et la coïncidence avec les lettres du 19 à Saint-Mars et du 28 à Vauroy (Dunkerque) cesse d’être telle qu’on puisse iden­ tifier Pabbé Pregnani avec le nommé........ plus tard (21 août) appelé Eustache d’Auger, d ’autant que la lettre de Lionne perd tout caractère de supercherie diplomatique. Il y aurait encore à discuter bien d’autres points. Comment, par exemple, Jacques Stuart, qui mourut à Naplçs, a-t -il pu connaître tant de détails, et jusqu’au pays d’origine (Jer­ sey) de Jacques de la Cloche? A mon avis, Jacques, à son départ de Rome,a été assassiné et dépouillé de quelques-uns de ses papiers par un aventurier qui en a tiré parti du m ieux qu’ila pu. Ainsi s’expliquerait entre autres ce fait que ceJac- (i)Toutes ces lettres sont à la Bibl.Nat., fonds frauçais,ioG65, et aux Affaires Etrangères, Corr. Angl. g5.