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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/42

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MEKCVAB DE FRANGE— 1^ 1-1909 La thèse de Mgr. Barnes est que le Masque de Fer n’est autre que cet Eustache d’Auger ou Dauger, qui est traité d’abord de « misérable », et ausside « valet » : « Vousferez préparer les meubles qui sont nécessaires pour la vie de celui qu’on vous amènera, observant que, comme ce n’est qu’un valet, ilne lui en faut pas de bien considérables. » (Lettre du 19juillet 1669.) Ce terme de « valet » a empêché la plupart deschercheurs de voir une connexion entre Eustached’Auger etle Masque deFer. Un deuxième fait regardé par Mgr. Barnes comme impor­ tant, c’est que des facilitésspéciales sont accordées à ce d’Au- ger, appeléd’abord « votre nouveau prisonnier », puis, plus, tard, « l’ancien prisonnier », d ’avoirdes livres de prières et à Sainte-Marguerite une chapelle à lui. Ainsi, lettre du 10 sep­ tembre 1669: «Vous pourrez luy faire entendre, lesdimanches et les fesl.es,la messe qui se dira pour M. Foucquet, sans pour­ tant estre dans le même lieu,et vous observerez de le faire si bien garder durant ce temps-là qu’ilne puisse s’évader ni par­ ler à personne ; vous pourrez mesme le faire confesser trois ou quatre fois l’année s’il le désire, et non point davantage, à moins qu’il ne luy survinst quelque maladie périlleuse. # Les précautions prises à propos de ce prisonnier ne furent pas sans exciter la curiosité publique, et Saint-Mars écrit à Louvois, le 12 avril 1670, qu’aux personnes curieuses il est obligé de dire des « contes jaunes » pour se moquer d’eux. C’est donc à ces « contes jaunes »,qui varient avec les années et les prisons successivement commandées par Saint-Mars, qu’il faut faire remonter diverses hypothèses populaires prises au sérieux par plusieurs érudits. « Le prisonnier de la tour queM. deVauroy m’a amenéne dit rien, il vit content, comme un homme tout à faitrésigné à la volonté de Dieu et du roi » (3o décembre 1673); mais comme ilétaitsouvent malade,Saint-Mars demanda, et obtint, en janvier 1675,1a permission de le donner pour valet à M. Foucquet, tout en s’abstenant de le mettre avec Lauzun, ce sur quoi il est encore insisté dans une lettre du 11 mars 1670. Or, ou bien ce Dauger n’était qu’un criminel ordinaire et vraiment un valet, et alors pourquoile tenir ainsi écarté de Lauzun (i); ou bien il possédait des secrets d’Etat,quidevaient v») On sait que les précautions ne servirent de rien : Lauzun réussit à creuser