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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/35

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LA FLAMME ET LES GENDRES Z2J Et déjà te remords en moi s’insinuait Du malinvolontairethélasI quej’avais fait... Puis vous avez senti que mon cœur diffèrent Se détachait, comme un cadeau que Con reprend. Alors le désespoir en vous se déchaîna. Votre âme à sa douleur toute s’abandonna. Vous criiez. Vouspressiez mes genoux. La détresse De vos yeux me navrait. Je n’eus pas defaiblesse. Pourtant je sanglotais avec vous, y ignorais Que l’amour, même mort, a des liens secrets Par quoi deux cœurs toujours sont liés l’un à l’autre. Mapeine était aussi sincère que la vôtre. Mais moij’avais besoin d’être libre. J’avais Un cœur que la prison de l’amour étouffait. Alors j e l’ai défait de toutes ses entraves, Etparce quej’étais cruel,je me crus brave... Unjour, je me souviens, vous étiez près de moi,] Glacée, épouvantée, avec un tendre effroi Queplus rien dans mon cœur ne répondit au vôtre. Hélas I un des amants n’estpluspareil à Cautre ! Et vos bras m enchaînaient d’une étreinte serrée, Comme pour retenir mon âme délivrée, Et longtemps, contre moi, silencieusement, Pleurèrent votre deuil et votre isolement... Ah! vous n’étiez alors plus qu’une chose inerte, Un enfant qui seplaint, une victimeofferte.] Que le sanglot secoue et qui soupire, hélas Un cœur qui se déverse et s’exhale à voix basse... IX Vos lettres, le seul bien que je tenais de vous, Sont, hélas! maintenant des cendres. A genoux Devant l’dtre oà tefeujetait sajlamme vive, Ces lettres où l’amour tentait à se survivre,