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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/31

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LA FLAMME ET LES GENDRES — Beaux yeux mystérieux qui souriezsans cesse D’unrêve tièdeet parfumé, Sur quel beaupaysage et sur quelle tendresse Vous êtes-vous soudainferm és ? — Je me plains doucement de cette rêverie Où vous restez plongés souvent Comme si vous vouliez quune image attendrie Demeure en vous, jalousement l V Six mois,jefusheureuxsix mois!Jevousaimais. Vous m ’aimiez. J ’attendais vos lettres. Je vivais

Dans un rêve. Toujours vous étiez dans mon âme Plantée comme un couteau dont vibre encor la lame. Vousétiez dans mesyeux, mon esprit, ma raison. J’étais ivre. J’avais votre intonation, J’avais votre regard. Je pensais comme vous, Et Camour était pur et l’amour était doux. — Le matin, vous étiez présente à ma pensée. Je vous considérais comme une fiancée. Je songeais : Aujourd’huije Lavois. Et Us heures Avançaient lentement, retardaient mon bonheur Et puis, rapidement, L’emportaient. Et le soir Dans la nuit, la lumière éteinte, l’ombre noire S’illuminait pour moidune clarté divine. Je vousvoyais. Mon cœur brillaitdans ma poitrine... Mesjours s’échelonnaient. Je nourrissais l’espoir D’une heure auprès de vous passée, et de vous voir... Et quand nous nous étions quittés,je revenais Lentement, tristement chez moi. Et je pleurais, Parce quej’avais trop debonheur... 0 maîtresse ! J’étais grave. J ’étais débordant de tendresse. Mes amis souriaient, mais moi, impérieux,