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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/179

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REVUE DE LA QUINZAINE sont aussi intéressantes que certaines des meilleurs romans de Ca- rolina SevtJa elle-mêm e. M. O . W arner, sous le pseudonyme de Prokop de Bohoutin, vient de publier et d’intituler Dans les traces deKramerius, un petit traité d’éducation populaire,en même temps qu’un appel chaleu­ reux à la littérature et au dévouement tchèques, pour que soient reprises, en faveur des plus lointains villages et des campagnes per­ dues les traditions de ce qu’on a appelé, au commencement du siècle passé, l’Expédition tchèque, entreprise d’utilité publique, qui a rendu cher le nom de l’écrivain et libraire Kramerius. L ’Expédition avait pour but d’éditer et de répandre des manuels de tous genres, des livres religieux et profanes, aussi bien que des calendriers ; et, par le moyen de correspondants infatigables, dans toutes les petites villes et gros bourgs de la Bohême, de colporteurs, lancésdans toutes les directions, elle a plus fait pour la renaissance d elà langue tchèquo que les plus lourds travaux savants. Autour du doux apôtre auxyeux bleus, que fut le fondateur, trop prématurément enlevé,de cette admi­ rable œuvre de propagande, on cite encore des écrivains comme les frcres Tham, Tomsa, Rulik, des prêtres comme Ziegler, Rauten- krauc, Sychra et Marek, le professeur Nejedly, lejournaliste Palkovic. Ils s’efforcaient d’enseigner depuis la tolérance religieuse jusqu’à l’agriculture, depuis l’hygiène et l’éducation des enfants jusqu’à l’or­ thographe. Tous les livres se colportaient et distribuaient gratuite­ ment. Aujourd’hui que les Tchèques sont, avec les Polonais, haut la main, les plus avancés eu culture des Slaves, on parle de cette époque lointaine et déjà presque légendaire avec une admiration, mêlée de commisération un peu bébête. Il vaudrait mieux suivre son exemple. Ce qu’il reste à faire, le petit livre que voici l’indique avec une ferveur communicative. Le peuple lit, c’est vrai, mais des romans decuisinière et desjournaux vils ou médiocres. Les nouveaux réueiltears nationaux auraient de la besogne aujourd’hui commo hier. Prague n’est pas encore le foyer de culture qu’elle devraitêtre, et mieux vaudrait évidemment mettre à exécution le plan qui nous est proposé,que de se consumer en disputes byzantines, stériles aussi bien en art et littérature qu’en politique. C’est ce que, pour sa part, la revue Dilo paraît avoir enfin com­ pris. Echappée aux disputes retentissantes que mon dernier artiele vous signalait, elle vient de se donner un comité de rédaction nou­ veau,décidé à chercher par tous les moyensà coordonner,àsynarchiser les efforts artistiques non seulement de l’école tchèque, mais de toute les écoles slaves de façon à faire si possible de Prague une véritable capitale slave. C ’est du moins le programme qu’a été chargé de rédi­ ger, au nom du comité, un de vos collaborateurs. En attendant, l’an­ cienne direction a dignement achevé sa tâche. Profitant de l’exposi-