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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/171

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REVUE DE LA QUINZAINE 363 Socec, Sfetea, a maintenant sur le marché une bibliothèque popu­ laire, comparable à notre Bibliothèque nationale ouà l’édition Reclam allemande. Les trois premières vendent le volume à 3o centimes, Sfetea à un leu. L ’ordre dans lequel les œuvres paraissent n’est pas toujours soumis à des principes très stricts, et le choix prête parfois à quelques critiques; mais le but primitif est atteint: les œuvres principales de toutes les littératures sont mises à la portée de tous et le public roumain lit de plus en plus. Je relève parmi les jolis volumes roses de la collection Sfetea la Poésie lyrique au temps de ta guerre pour TIndépendance,réuniepar M. l .Sandulescu; Prose, deEminescu; Poésie et théâtre, de Negruzzi, et Paul et Virginie. Parmi les dernières publications de Ja Bibliothèque pour tous (Alcalay),deux romans: A l’O rô e du V allon,par M.RaduIescu- Niçer,qui nous transportedans unmondo villageois absolument idéal, où les paysans sont éveillés, entreprenants, et les boyars, — chose plus rare encore, — intelligents, généreux, charitables, il n’est pas jusqu’à la propreté du style, avec certaines expressions citadines, qui n’ajoute à l’impression de paysannerie de salon. Cependant, une émo­ tion communicative se dégage du livre et confère une portée récon­ fortante et moralisatrice au récit des réformes et progrès que réalise dans la commune la bonne entente de l’instituteur et du seigneur propriétaire. — Comment nous aimons nous ramène dans une réalité vue de plus près. Ce titre est peut-être un euphémisme pour comment e lle s aiment, car c’est la jeune fille, rencoatréo par l’étudiant, qui avait pris pour modèle la Nora de Maison de Poupée et qui, une fois mariée et le retrouvant juge de paix, devient bi n sa maîtresse, mais n’admet plus qu’il exige d ’elle l’abandon de son inté­ rieur pour lui appartenir tout entière. La psychologie des deux amants est très finement étudiée et il y a là une série de portraits provinciaux qu’il faudrait pouvoir détailler; il ne manque pas non plus,dans le texte,de maladresses, de fautes de goilt, mais celles-ci mêmes si spécifiques du milieu, qu’il serait dommage d’en rien sup­ primer. En outre, des descriptions de nature et un souffle de volupté chaude et recueillie, où l’on retrouve bien le poète qu’est M. Traiau Demetrescu. M e m e n t o . — Parmi les revues destinées à ramener, parl’amour et la cul­ ture des belles-lettres, un peu de vie et d’unité dans cette pauvre Transyl­ vanie que tant de gens se disputent, le Lnccafar (dir. Oct. C . Taslauanu) est toujours l’une des plus en vue par la variété des matières, la richesse des illustrations et le soin typographique : elle achève la traduction de Synnœve Solbakken, le petit chef-d’œuvre de Bjœrnson, si bien fait pour toucher des lecteurs roumains; dans chaque nndes poésies, des nouvelles souvent caractéristiques des mœurs locales, et des chroniques d’une infor­ m ation abondante. — La feuille hebdomadaire Tara noastra poursuit avec