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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/168

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a deux et trois siècles. Nous pouvons voir la vie d’à présent comme la virent les jeux d’alors, et ce nous est un devoir d’écrire les choses un peu à la façon dont s’écrivirent les picardises dans le Buscon Pablillos et comme se retracèrent des douleurs d’âme dans l’une des plus admirables nouvelles qui soient : El Celoso Extremeho. — Et tout cela peut se faire d’un ton moderne... » Nous ne doutons pas que dans les romans modernes qu’il prépare, M. de Repide ne prouve par son propre exemple la justesse de cette dernière assertion, et qu’il ne marche glorieusement sur les traces de Pio Baroja. En attendant, il s’est essayé à rivaliser avec les maîtres anciens jusque sur leur terrain. L ’essai était téméraire, il a pourtant parfaitement réussi grâce à la profonde érudition de l’auteur, et plus encore à son goût très sûr de poète épris du passé. Les deux nou­ velles qu’il a réunies sous ce titre : l’Enamourée Indiscrète, composées à la façon antique, entrecoupées de poèmes d’âm e bien moderne qui se révèle comme malgré elle, sont de délicieuses évo­ cations de l’opulente Espagne du siècle d’or. MARCEL ROBI.Y . LETTRES ROUMAINES La langue. — C. Saodu-Aldca : PescardeIslundn, de Pierre Loti ; Pe dramal Baraganului ; Minerva, Huearest. — N. Radulescu-Niçer : La Gara Vaiei :Al- caiay. — Traian Demeircscu : Cum iubim ; Alcalay, Bucarest.. — Les bibliothè­ ques populaires. — Mémento. Dans son excellent précis : Histoire de l’esprit public en IRou­ manie (tome I), M. Pomp. Eliade nous a montré quels grands efforts il fallut faire, vers 1822-1828, poursauverla langue roumaine. Il s’agissait alors pour les écrivains de combattre une influence grec­ que centenaire, de relever la fierté nationale, de réveiller leurs com­ patriotes et de leur fournir la possibilité « d’apprendre la grammaire et les sciences dans notre langue, comme toutes les nations l’ont fait» (Pàris Mumuleanu), de leur apporter des ouvrages où ils puissent s’instruire ets’éduquer « à l’instar des autres peuples qui ne se ser­ vent jamais que de livres rédigés dans leur langue » (le musicien religieux Macarie). Il s’agissait de prouver que le roumain se prêtait aux finesses de l’art et aux profondeurs de la pensée philosophique. « car toutes les langues en vérité sont capables d’exprimer toutes les sciences et il est plus agréable aux Muses d’entendre chacun parler sa propre langue » (Grégoire, èvéque d’Arges). La « traduction des œuvres capitales detoutes les littératures » figure déjà au programme de réformes que le logothète Const. Golescu confiait à HeliadeRadu- lescu,et l’on traduit avec une fièvre (l’affamés. Mais quand enfin on s’est décidé à écrire en roumain, on se demande d’abord de quel roumain au juste il faudra se servir : du populaire, de l’archaïque,