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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/155

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KEVUE DE LA QUINZAINE d’art restés dans les églises et dont, nous l’avons expliqué, personne n’a légalement la garde. Un journal a pu établir une sta­ tistique d’aprèslaquelle les vols, depuis la loi de Séparation, ont passé de un pour deux ans à près de sept par mois. Copendant, l’ad­ ministration n’a encore proposé aucun remède et le classement nomi­ nal des objets qui devaitêtre terminé trois ans après le vote de la loi, c’est-à -dire le9 décembre dernier, est loin d’ôtreachevé : confié à des fonctionnaires inaptes ou peu diligents, ce travail n’a abouti que pour sept à huit mille objets (parfois même choisis à la légère : on a cité le fait, dans le Pas-de-Calais, du classement de deux cloches refondues il y a trente au.% alors que d’admirables statues du xmo et du xiv* siècle ne figurent pas sur la liste de classement; de même, à Briey on a classé des stalles vieilles d’une quarantaine d’années) et des milliers d’autres risquaient de rester sans protection si un député, M. Vallée, n ’avait appelé,dans une conversation, l’attention du sous- secrétaire d’Etat sur cet état de choses et si M. Bienvenu-Martin, au Sénat, réparant l’oubli do la Chambre, n’avait fait voter un amende­ ment prorogeant de trois années le délai de protection expiré le 9 dé­ cembre dernier. Puissent ces trois ans être bien employés et nous apporter une solution satisfaisante de ce grave problèmo de la con­ servation de nos trésors d ’art religieux! Un Musée Rembrandt va être créé à Amsterdam. Un des projets formés lors du centenaire du grand artiste, en 1906, avait été l’achat et l’aménagement de la maison de la Jodenbreestraat que le peintre habita de 1639 à 1658. Une commission s’était formée, dont font partie MM. Bredius, Jan Veth, et autres. La libéralité d’un riche habitant d’Amsterdam a permis à cette commission d’acheter la mai­ son, où elle va ensuite faire exécuter les travaux essentiels qui, en abattant les cloisons modernes, permettront de la rétablir dans ses grandes lignes, telle qu’elle fut du temps de Rembrandt. L ’idée de la com m ission— idée à laquelle on no saurait qu’applaudir — est de compléter ces aménagements et d’organiser dans la maison une expo­ sition permanente des plus belles eaux-fortes du maître ; on y join­ drait des dessins, des autographes, des documents et des livres sur Rembrandt et son époque. La commission fait appel, pour la réali­ sation de ce plan, au concours de tous les amis de l’art. II nous faut revenir encore sur l’affaire Tschudi (a) : nous som m es heureux d’apprendre qu’elle est enfin réglée do la façon la plus satisfaisante, la seule équitable : contrairement h. la nouvelle qui a v a it été donnée, et quo nous avions enregistrée ici, de la nomi- (1) V. Mcrcnrctlc France du tf» novembre 1907, pp. 3 ’jq et suiv. (3) V . Jlercuro de France du mai 1908,pp. 10â.