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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/149

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l’jntrusion d ’an peu dejeune et courageuse franchise. Sont-ils dispo­ sés à Ucherde comprendre le retour de l’art à la nature? ou plutôt à subir ce qui leur apparaît,peut-être, commeun changement de mode? Du moins ils n’opposent aucune résistance,etje n’ai pas vu qu ’ils s’ar­ rêtassentplus volontiers devant les croûtes que devant les tableaux esti­ mables. Là-dessus, des optimistes m’assurent que le public moderne a évolue ». C ’est en tous cas bien faire que de lui offrir, sans lui demander pour la première fois un très grand effort, l ’occasion de s’initier aux tentatives d’artistes sincères. Et j ’en ai déjà nommé quel­ ques-uns, dans le groupe nouveau, qui méritent cette louange. Je cite encoro MM. V . M . Michel Cazin, Jules Adler, Paul-Emile Colin (pour ses gravures sur bois), Théodore-Auguste Desch,Gilbert Lau- quetin, Jean de la Hougue, peintre très délicat de portraits et d’inté­ rieurs, et M110Jeanne Jozon, statuaire, de qui j ’ai particulièrement aimé les Impressions de Bretagne. % L’important essai de M. Fîoris Dclattre sur TUnité dans l’Art mériterait une discussion développée. M . Delattre est un poète de grande valeur, l ’un des plus importants parmi ce beau groupe du Nord, réuni au Beffroi (Roubaix) autour do M. Léon Bocquet, et qui tient une place considérable dans la littérature vivante. Ilapporte dans cette méditation esthétique les précieuses qualités d’un esprit très subtil, très ferme et, en outre, très renseigné. Il a le sens juste des plus hautes nécessités de l’art — des arts, à l’instant où nous sommes. Fort à propos, alors que les spécialisations techniques sont à toutes les outrances, il nous rappelle qu’ « il existe entre tous nos sentiments esthétiques une solidarité », que l’art est indivisible, que chaque art suggère, appelle tous les arts, à la différence de la science, inconcevable aujourd’hui dans son universalité.— Je contesterais la classification des arts quo M. Delattre nous propose, et selon laquello l’architecture serait « le dernier des procédés d’expression artistique ». A tous les points de vue, je crois que c’est le premier. — Aussi, une admiration à peu près sans restrictions pour les préraphaélites, et pour ce « préraphaéliteavant la lettre », William B!acke,et pour John Uuskin, d ’-concerte. Mais il est impossible d’apprécier justement en quelques mots les pages pleines de cet Essai. D ’un exposéde doctrino c’est par un abondant commentaire qu’il faudrait rendre compte ; on pourrait aussi lui répliquer par un exposé dedoctrine, point contraire, m ais différent. CUAKLKS MOR1CE. MUSÉES ET COLLECTIONS Au Muséedu I.ouvre : la duuali^ii . >;;um; meubles historiques ; une tête grec­ que antique. — Musée du soir au Petit-Palais. — Le Rapport de la commission RKVUK DE LA QU1NZAINB 34i