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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/146

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338 MERCVRE DE FRANGE— 16-1-1909 pantomime endeux tableaux, de M.du Chaste), musiquede M.Emile Bon- namy (a1décembre). ANDRÉ FONTAINÀS. ART MODERNE Exposition d’aquarelles et dessins (ao, rue Royale). — Les Divisionoisles italiens (Salon pro-Musée Segantini) (Galerie d’A rt italien, 14, rue Richelieu). — Première Exposition de la Cimaise (GalerieGeorges Petit). — M.Flory Delattrc :L’Unitédans l’Art, édition du Beffroi, Roubaix. Aujourd’hui plus que jamais, entre la production de l’artiste et le goût ou la curiosité du public, s’impose l’intermédiaire intéressé, le marchand. A bien des reprises,on parla de le supprimer,et quelques tentatives furent faites dans ce but... On en reparlera, on fera — je sais qu’on fait à cette heure même de nouvelles expériences ; de tout cœur je souhaite leur succès. En attendant, le marchand reste, dans la vie artistique, un facteur considérable. Son influence sur sa dou­ ble clientèle de producteurs et d’acheteurs n’est pas niable. Elle gran ­ dit sans cesse. Les galeries marchandes se multiplient. Les amateurs et les critiques ont pris l’habitude d’y faire de périodiques pèlerina­ ges. S i ce mouvement continue à suivre l’ascendante progression que nous avons pu observer depuis cinq ou six ans, il finira par compromettre gravement les salons annuels. Ils ne sont déjà plus guère que de vastes récapitulations des expositions privées, ou par groupes restreints, qui se produisent dans les boutiques, et, même, trop docilement ils subissent la tyrannie des boutiquiers, réels expo­ sants, qui parlent et commandent au nom d’une collectivité com plai­ sante. Cette faillite des salons,bazars à peu près tous, ne serait point déplorable, en somme, si elle ne se produisaitau bénéfice des magasi ns. Ceux-ci triomphent grâce à l’erreur que commettent l’Etat et la Ville, qui croient s’acquitter de tous leurs devoirs envers les artistes et le public épris d’art en leur donnant asile une fois l’an. En réalité, le bon sens voudrait que le Palais dédié par la République aux Beaux- Arts fût à la disposition de ceux-ci d’une façon permanente... Mais j’oublie qu’on en a sans cesse besoin pour les automobiles ! Trop heu­ reux, donc, l’artiste, que les marchands lui permettent d’atteindre le public en les enrichissant. — Ces réflexions, mélancoliques ou joyeuses, selon qu’on s’oriente du chevalet ou du comptoir, visent « l’état général des mœurs » et non pas, ai-je besoin de le dire? la personnalité de tel ou tel négociant en art, élément irresponsable de cet état que sa fonction n’est pas de réformer s’il en profite ; profi­ teur, du reste, à sa façon bienfaisante, puisque nous sommes tous très heureux— artistes, amateurs et critiques — qu’il ait lieu : et s ’il n’existait pas nous l ’inventerions, provisoirement, sans abdiquer l’ambition de le supprimer le plus tôt possible. — A noter, en pas­