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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/139

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REVUE DE LA QUINZAINE 331 La Revae critique (iodécembre): —M.Robert Launay : «EnAlsace(noies de vo yage) ». M. Robert Launay est antisémite et nationaliste, très violem­ ment. Il éc rit avec assez de correction et avec une partialité, un parti-pris, qui ne so n t pas le moindre des charmes secondaires d’ un Henri Heine, par exemple, o u de M. Maurice Barrés. La Phalange (i5 décembre). — «Tristesses d’Alger »,de beaux vers de M. John-Antoine Nau. — « Les Lévriers », par M. Léo Loups. — Une « ode à Joseph II », de Novalis. — Des pensées « su r l’amour » signées Maria Star et qui n’ apportent qu’ une faible lumière. Le génie de M . Jean Royère dont «la poésie est obscure comme un lys» , selon son modeste aveu, se manifeste dans ce jugement : « Hors la D a m e a la Faülx deSaiat-Pol-Roux,lesMiroirs deRoinard,horsdeuxou trois poèmes dram atiques, il n’y a pas aujourd’hui de théâtre en vers et tout ce qn’enfantent les Mendès, les Rostand, les Richepin, les Zamacoïs est notre déshonneur. Jamais rien d’aussi bouffon ne germa à aucune époque dans la cervelle d’un écrivain. » Certes, j ’admire la belle tragédie de M. Sainl-Pol-Rou x. Mais j ’admire aassi que M. Jean Royère, ayant passé dix-huit ans, s ’ attarde encore à cette offensive exagérée qui eBt tellement, tellement inutile 1 La Nouvelle Revue (i5 décembre). — M .A . Raffalovitch : a. Education de Princes. » — Poèmes de M"»®a . Mesureur : « Map », et deM. J .Sélam ; « Soir de Corfou. » L e B e jfr o i (novembre-décembre). — Au sommaire, les noms de MM.L . Deubel, J . Mouquet, G. Philippe, Pcrgaud, Malfère, Ch. Grolleau, etc. Poesia (novembre) publie des vers de M.Frederico de Maria et un article de M. G. P . Lucini sur l’œuvre de M. Louis Le Cardonnel; — ensuite, des poèmes, de la prose, à profusion, choisis avec un bienveillant éclectisme qui assemble, par exemple, M. Auguste Dorchain et M. John-Antoine Nau. CHARLES-HENRY HIRSCH. LES JOURNAUX En l’honneurdeJulien (Lo Temps, 37 d«*c.). — Laréforme de l’orthographe et les imprimeurs [Bibliographie de la France, 18 déc.) . M. Henri Vuagneux pense à Julien, que les Parisiens oot oublié. Il demande, dans le Temps, que la statue de l’empereur philosophe, du bienfaiteur de Lutèce, se dresse à la poiute de la Cité, là où on parla naguère d’ériger une copie de la Victoire de Samothrace. Julien m ériterait cet honneur, qui serait aussi une réparation de l ’injure séculaire que lui font les Chrétiens en appelant bêtement l’A postât l’homme qui voulut demeurer fidèle à la religion et à la philosophie do sa race. Les vrais apostats, en cette histoire, ne furent-ils pas en effet ceux qui renièrent les admirables dieux de la Grèce et de Rome pour adorer une idole sémitique ? L ’apostat, ce serait Constantin, si Constantin avait été autre chose qu’ un politique adroit qui se rangea du parti le plus fort, qui n’adopta Jésus qu’après avoir constaté que Jésus était un peu plus populaire que Mithra. Renan l’a bien vu, il