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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/135

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REVUE DE LA QUINZAINE

AVERTISSEMENT Voici que vous avez bien froid, pauvre petite : Votre corps délicat frissonne au vent d’hiver. Les lourds flocons de neige attristent vos yeu x pers, Et voire teint a des p.Meurs de clématile. Voici que votre cœur d’enfant est douloureux Et triste, comme un ciel embrumé de décembre, Car vos rêves s’ en vont vera la petile chambre Où l’Amour vous a fait tant da joura bienheureux. Kntrez. Laisse* rosir vos mains, tout près du feu. Qu’en votre cœur transi renaissent peu à peu Sa native élégance et sa grâ ce fleurie. Ne craignez point. Je suis un ami. Chauffez-vous. Ma voix sera câline et mes gestes très doux, Et j e dorloterai votre ûme endolorie. Sans doute, c ’est une fort petite chose, mais c’est une manière de bibelot très délicat et charmant que ce poème de M. Xavier Thylda imprimé par Les Chimères (i5 décembre). i M. Albert Schinz, professeur au Bryn Mawr College, présente aux lecteurs de L a R e v u e ( i5 décembre) un essai récent de clnssitica- calioQ sociale d’après un « journaliste spirituel » de New-York, M. Giilett Burness. On divise rhunianité en bromides et en sulfites. J’ai hAtc de passer la plume à M. Schinz : E n chimie, l ’on désigne sous fe nom de bromides des substances qui ne sont pas exactement désagréables au goût, mais neutres, mais insipides, voire peut-être vaguement douceâtres. On peut leur opposer les substances salfitiqnesf qui ne sont rien moins que fades ou indifférentes, elles sont au contraires acides, piquantes, mordantes même. C es termes donc, pris au sens figure, désignent admirablement les repré­ sentants des deux grands groupes qui divisent absolument et fondamenta­ lem ent l’espèce humaine. V oici la page dans laquelle -M . Burgcss résume la psychologie du bro- mide: a Le caractère essentiel du bromide consiste dans noe action psychologi- q n e réflexe de son cerveau bromidique. Ceci se mnnifeste par la croyance bromidicnne que chacun des actes ordinaires de la vie est, et doit nécessaire­ m en t être, accompagné par une remarque ou opinion particulière. El cette rem arq u e ou cette opinion sont le résultat d’associations d’idées, lesquelles ne sont établies au cours des flges, et se sont sans cesse renforcées à cha­ q u e génération successive par !a collaboration constante de certains grou­ p e s de cellules cérébrales toujours les mêmes. Il est devenu non seulement s uperflu , mais à peu près impossible pour le bromide de réfléchir, tant ces s en tier s de la pensée ont été continuellement battus. L es processus intel­