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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/134

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3*0 RIKRCVHK DE FRANCE-16-1 i^r9 bivouac. On avait apporté une chaise de paille sur laquelle Napoléon s ’ était pssis. Il était là, regardant le feu. L e petit chapeau se découpait, précis, su r la lumière. De temps en temps, d’un coup de botle rageur, il repoussait dans la braise les pommes de pins qui s’écroulaient. Autour de lui, un cer­ cle de soldats. Plus loin, dans l ’ombre, la foule silencieuse et les enfants émerveillés. « Tout à coup, du côté de Cannes, on entendit le roulement d’une ber­ line. Elle s’ arrêta au premier avant-poste. Quelqu’ un se pencha v e r s la portière, s ’informa, puis descendit et s ’avança v ers l ’Empereur. Déjà celui- ci avait appris d’ un officier que ce visiteur inattendu était le prince régnant de Monaco. L’Empereur l’attendit e l lorsqu’il fut à portée de la voix : — « Que faites-vous donc ici, prince ? demanda-t-il brusquement. — g Vous le voyez, Sire, je rentre dans mes Etats. — a El moi,répondit Napoléon,vous l e vo yez aussi,j e rentre dans les miens.» § La Rénovation esthétique (décembre)insèredans sa par­ tie poétique, entre autres pièces intéressantes, la Com plainte des divins ratés,par M®* Marie Huot. C ’est un poème très triste, amer, douloureux, où le sarcasme a le ton d’un cri de souffrance. C ’est d’un art très personnel inspiré par une extrême bonté, si ce n’est point « achevé «comme doiventl’étre les bons vers. Bref,je trouve un charme à ces strophes imparfaites, un charme nouveau, quoiqu’elles tiennent un peu au Corbière des Amours Jaunes et àLaforgue ; Qui dira le génie en nous ensorcelé. Se nouant d’épouvante au sarcasme funèbre, Et qui dira le dieu, pleurant dans la ténèbre, Sous les talons ferrés mourant décervelé ? Qui dira le Pierrot, le falot, le Jocrisse ? Et qui dira l’Hamlet, le pâle Songe-creux, L e pauvre Lélian, le roseau douloureux Qu’est notre cœur si seul — ô le si blanc Narcisse ? .. . Qui dira l ’orchidée au calice tilaa Lie votre horticulture à jamais ignorée, Qui croît, mystérieuse, en nos forêts sacrées El ne s’épanouit qu’une fois en cent ans I O frères bafoués du Pinde et de l’Olympe, Laissez aux bœufs primés de la Célébrité Ces lauriers que monsieur Prudhomme a brevetés, Ce Panthéon... - Courcelle où les Mouquettes grimpent; Fumez, loin de ces los, un calumet de paix, Couronnes dans la nuit par des bras d’Uranie, Et rêvez au largo de la lyre infinie, Ce poème que nul n’a su direjamais !... Auprès de ces vers, il y a, — ne trouverez-vous pas ? — quelque agrément à lire ce simple sonnet d’étudiant ;