Ouvrir le menu principal

Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/133

Cette page n’a pas encore été corrigée


REVUE DE LA QUINZAINE l’ancienne. » Tant mieux, car nulle n’est plus importante : ce qui nous man­ que le plus, actuellement,ce sont des commis-voyageurs pour l’étranger. — Jules Renard:.4/ote d ’ é c r i t , Nevers, les Cahiers nivernais. Ceci pour la bonne bouche. Imagine-t-on facilement Jules Renard écrivant dons l ’ E c h o de Claméey , luttant contre le maire et le curé, échouant pour la munici­ palité de Chaumot, mais se retournant s u r celle de Chitry et conquérant Chitry ! C’est pourtant la pure vérité. Ah ! si tous les Chitry de France avaient des Jules Renard pour m aires! Je g age que les curés eux-mêmes s’en réjouiraient in p etto. HENRI MAZEL. LES REVUES La Revue hebdomadaire : Victorien Sardou conteur. — La Rénovation esthète !ueetUsChimères:poèmesdeM"* MarieHuot etdeM.X .Thylda.— La Revue: eshommes classée eo bromides et sulfites. — Revue bleue : ud essaideM. Alfred Fouillée sur «la propriété • . — Memento. On est unanime, — c eux qui entendirent parler Victorien Sardou — à reconnaître que l’auteur de Patrie était un merveilleux cau­ seur. Voilà, d’après M. G . - A . de Caillavet,qui la rapporte au cours d’un article de la Revue hebdomadaire (5 décembre), une anecdote fort bien mise en scène, il faut en convenir : On parlait d’Antibes, de Cannes et de cette côte de féerie, toute fleu­ rie maintenant de jardins pareils à des bouquets : « La dernière fois que j ’y allai, dit Victorien Sardou, j e m’en fus revoir un endroit où mon père m’ avait bien souvent mené. C ’est entre Juan-les- Pins etle Cannet.Ilya maintenant là un hôtel;en i8i5,ily avaitune école. Un jo u r , pendant la classe, un des camarades de mon père lui envoya un cou p de coude dans les côtes en lui montrant la fenêtre qui donnait sur la route. Au ras du vitrage, on apercevait des pointes de baïonnettes et le haot de bonnets à puil à plumets rouges. Kn un instant, malgré les cris du maître d’école, tous les enfants fureat à la fenêtre, puis dans la rue. Ils virent un peloton de gro gnards qui, au pas de parade, marchait vers Can­ nes. Un général,l ’épée à la maio, était en tête, éclairant la route, et, derrière e u x , courait un petit vieillard époumonué et ridicule, habillé à la mode de l’ancien régime, avec une petite perruque à queue de rat et un gilet tout brodé de fleurs de lys. En trottinant, il montrait le poing aux grenadiers q ui ne s ’en souciaient guère et il criait d’une petite voix fêlée : « Brigands ! brigands ! on vous tuera ! » « C’était un ancien page de Louis XV I et les grenadiers étaient un pelo­ to n de la vieille garde commandée per Cambronne. Napoléon venait de débarquer de l’île d’Elbe. c Ce fut une ruée, hors de toutes les maisons. On venait voir, on s’ ex­ clam ait, il y avait de l ’enthousiasme et de la terreur. Comme le soir tombait, o n apprit que le commandant de la place d’Antibes en avait fermé les por­ tes. L’ Empereur ne voulait pas entrer à Cannes avant d’être renseigné sur les dispositions des gens. Il se résolut à camper sur la route. Au bord de la mer, entre les colonnes rougeâtres des pins, on alluma un petit feu de