Ouvrir le menu principal

Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/128

Cette page n’a pas encore été corrigée


MERCVRE DE FRANCE— 16-1-1909 mathématicien, comme d’Alembert dont il était l’ami. L ’étude de M. Emile van Bièma sur Martin Knutzen est surtout un exa­ men de la doctrine de l’Harmonie préétablie à laquelle l’auteur s ’ap ­ plique à restituer sa signification véritable à l’encontre des conclu­ sions différentes que Martin Knutzen ,dans sa thèse sur les Rapports de l’esprit et du corps, prétendait tirer de la théorie de Leibniz. Enfin M. Jean Ray et M“®Renée Ray ont traduit de l’anglais la Philosophie de Leibniz,de M. Bertrand Russel. En un avant- propos, M . Lévy-Brühl signale l’importance de cet exposé critique où une pensée originale, celled’un mathématicien et d’un logicien.se mesure avec celle du génial mathématicien et du remarquable logi­ cien que fut Leibniz pour en préciser avec une grande compétence et une grande liberté d’esprit les directions et parfois les défaillances. JULES DE GAULTIER. SCIENCE SOCIALE Georges Sorel : Les Illusions du progrès. Rivière 3.5o. — Olphe Gaillard : Le Problème des retraites ouvrières, Bloud, 3.5o. — Charles Lcscœur : Pouroaoi et comment ou fraude lefisc, Blond, 0.G0. — Paul Adam : Les Disciplines dela France, Vuibert et Nooy,3.3o. — Mémento. J’ai déjà dit, à propos des Réflexions sur la violence, quel genre d’esprit verveux, grincheux et fumeux ctait M. Georges Sorel. Tel continue-t-il à se montrer dans les Illusions du Progrès, intéressante bien qu’un peu superficielle divagation à propos des modes d ’idées sociales au xvin* siècle, entrecoupées de bastonnades pleuvant sur le dos de nos politiciens modernes. Le livre ne peut que se lire avec plaisir : il est si amusant de voir la sacro-sainte démo­ cratie traitée comme Atta-T rollî surtout quand celui qui la fait dan­ ser avec un anneau passé dans le nez est un pur, à l’abri de toute suspicion cléricale ou royaliste. Le « Crève donc,société 1», si déplai­ sant chez un marquis d’Auberive, vieil encroûté de rancunes nobi­ liaires, prend un tout autre air chez le théoricien officiel de la C. G . T . Ce n’est que, la dernière ligne du livre volume finie, à « l’heure du thé bouillant et des livres fermés », qu’on se demande : Que diantre veut dire ce charivari? Car, en somme, au bout de cette enfilade de digressions, d ’imprécations et de sarcasmes, on ne sait même pas ce que l’auteur entend par illusion du progrès, ou seulement par progrès. A plus forte raison, ne voit-on pas comment la lutte des classes pourra accroître d ’une jouissette la somme de nos satisfac­ tions matérielles ou morales. La chose aurait pourtant valu d’ètre tirée au clair. Qu’a voulu prouver l’auteur? Qu’une théorie devient inepte dès qu’elle est partagée par des gens qui nous désagréeut ? C’est cela qui serait inepte. Que ce sont les savants qui ne compren­ nent rien et « qui entravent le mouvement scientifique »? Le para-