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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/127

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REVUE DE LA QUINZAINE par M. de Lacaze Duthiers eu cet ouvrage de plus de quatre cents pages, puisque,par ce procédé, il a réussi à formuler en une langue claire et sobre, et sur des points essentiels, nombre d’idées intéres­ santes dont la plupart sont justes et dont les autres, si elles prêtent à contestation, prêtent aussi à réfléchir par la sincérité qui les vivifie. Les ouvrages de M. de Lacaze-Duthiers, par la synthèse qu’ils impliquent de l’A rt et de la Vie, touchent presque à la morale. Le livre de M. Emiles lloques,!*Homme dela spéculation à la ré alité,est tout entier tourné vers la solution du problème humain sous ses formes sociologiques. M. Roques s’efforce de le résoudre, indépendamment de tout recours métaphysique d’ une part, physiolo­ gique d’autre part; mais le rejet de ces deux modes de spéculation le condamne à faire usage d’un nationalisme plus dogmatique qu*il ne pense et où s’exprime plutôt qu’il ne se légitime le vœu d’une certaine sensibilité éprise d ’un idéal de justice et de paix. Avec l’idéal Moderne, M. PaulGaultier s’estefforcé decon­ cilier en une vue synthétique, dominée par une conception spiritua- liste du monde, les diverses théories qui aspirent à formuler les règles de la morale contemporaine, depuis l’idéal chrétien et religieux jusqu’à l ’empirisme positiviste de M. Durkheim ou de M. Lévv- Brühl. Il est bon de se souvenir, à propos de cette tentative, de la remarque de M. Lévy-Brühl, selon qui la réalité morale étant à tout moment un fait vivant et constitué, toutes les théories qui se propo­ sent de déduire la morale offrent, dans les conséquences auxquelles le fait acquis les contraint d’aboutir,des points de contact nécessaires et qui prêtent à la synthèse. Il n’en reste pas moins à distinguer, sous les diverses motivations attribuées à des manifestations ana­ logues, le déterminisme véritable du phénomène. J ’ai de ce détermi­ nisme une conception assez différeute de celle que s’en forme M. Paul Gaultier pour qu’il me soit interdit de songer ici & critiquer en quelques lignes son ouvrage. Je ne puisqu’on signaler l’intérêt, tant au point de vue des expositions qu’ il renferme des systèmes de morale le plus en vue de l’heure présente que des analyses dont il s’enrichit et au cours desquelles la sensibilité contemporaine consul­ tée dans la littérature et dans l’art fournit les éléments d’une docu­ mentation abondante. Le cadre étroit où ces notes sont confinées et l’abondance singu­ lière de la production philosophique m’obligent à signaler seulement trois ouvrages qui ont trait les uus et les autres à l’histoire et à la discussion des idées philosophiques dans l’Allemagne du xvne et du xvui®siècle. Dans le premier,sous le titre Nicolas d e Beguelin, M . Paul Du mont expose avec un détail fait pour intéresser égale­ ment les philosophes et les historiens la biographie et la doctrine de son auteur qui fut,eu même tempsqu’un philosophe, un savant et un