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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/116

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3oS MERCVRE DE FRANCE— 16-1-1909 Bâtissons la Maison du Peuple sur l’amour 1 en attendant le jour où « joyeux, sous le toit de l’azur », Le Peuple pour maison aura toute la Terre. Suit une autre fantaisie qui voudrait être très drôle sur Francis Jammes humoriste. C ’est seulement pénible. Les vers a de M. Fran­ cis Jammes, dit-il, classent définitivement leur inventeur entre Alphonse Allais et Mac-Nab». « Après avoir amorcé notre sentimen­ talité avec quelques vers langoureux et pâmés,il semoquede nous», constate M. Martin-Mamy : Ma tristesse a ia couleur des gentianes qui y croissent. Je dus avoir dans ma famille des herborieateurs Naîfs, avec des boites couleur d’insecte vert... Voici ce que|nous présente comme de l’humour ce critique huma­ niste, qui croit qu’on se moque de lui, parce qu’il n’a pas compris. Sous ce titre : La Poésie symboliste, se trouventréunis trois entretiens « sur les Temps Héroïques » au salon des Artistes indé­ pendants 1908. Nos Maîtres et Nos Morts, par P. N . Roinard, les Survivants, par Victor-Emile Michelet, la Phalange Nouvelle, par Guillaume Apollinaire. En même temps qu’ils sont une présentation de la poésie symboliste à un public peu familiarisé avec cet art, ces entretiens nous font revivre les principales périodes de cette école littéraire. M . Roinard nous retrace la vie glorieuse des Maîtres et la misère, glorieuse aussi, de quelques-uns, qui croyaient en leur poé­ sie comme en une religion. Souhaitons, ajoute M. Roinard, « pour la vie des nouveaux poètes, que jam ais ne reviennent de telles années ; car elles exténueraient jusqu’au tréfonds cette Nation, déjà suffisam ­ ment épuisée par ses ingratitudes ». Ne sourions pas, c ’est un poète qui parle. Je ne veux citer qu’un mot de la conférence de M. Victor- Emile Michclet: a La plupart des hommes de ma génération me sem­ blent des morts. » Quant à la Phalange Nouvelle, que nous présente M. G . Apollinaire, c ’est une véritable armée de jeunes poètes, qui ont presque tous du talent ; il faut renoncer à citer ce palmarès. Je note cette phrase de M. Apollinaire : « Nos symbolistes ont délivré la poésie captive de la prosodie, et, qu’ils le veuillent ou non, tous les poètes écrivent aujourd’hui en vers libres. » Ce volume, par les nombreuses pièces qui y sont citées, form e une véritable anthologie de poèmes symbolistes, si l’on peut englober sous ce vocable les derniers poètes de la nouvelle phalange. § De M. Etienne Belot, ces Notes sur le symbolisme, qui