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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/113

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REVUE DE LA QUINZAINE ordinaire, la grande artiste en tous genres, on peut l’épouser... en se mettant à plusieurs, naturellement. Le jeune Rouvre, par Amédée Rouquès. Roman studieux d’un studieux collégien. Il a tous les prix de son collège, mais il est triste, peut-être parce qu’il a lu tous les livres. Ce livre est le premier de l’espèce qui ne nous raconte pas d’ignominies sur les mœurs de pensionnats de garçons. Un bon point à sa bonne tenue. Il faut croire que le collégien vertueux ou simplement propre existe. Cela nous rassure pour l’avenir. Les Rebelles, par Brenn.Cesont des Ames très imprégnées de ravsticisme, les unes hantées par un amour social qui se condense sur Je compagnon choisi en am our et qui s’affole lors de la séparation éternelle, les autres,ivres de poésies,ne songeant qu’à s’envoler dans la mort dès qu’elles sont froissées par les brutalités de la vie quoti­ dienne. Ce sont de belles âmes point faites du tout pour le bonheur médiocre. Souvent ces terribles rebelles entraînent dans leur chute une foule de mauvais auges et elles deviennent dangereuses pour une humanité plus humble, la tendance vers le mieux étant l’ennemi de la résignation aux biens de ce monde. Un Coup d’état, par Léonce de Larmandie. Amusante conju­ ration où l’on voit tout un gouvernement enlevé en automobile, triomphe du 100 à l’heure.C ’est un poète qui devient l’heureux chauf­ feur et qui reçoit un baiser unique pour récompense. Ce jeuno héros détient certainement le record de la vertu. Les Détours du cœur, par Pauj Bourget. Histoire d’adul­ tère mondain et des plus passionnément compliqués. Quelques cas de conscience et quelques cas de cliniques, aussi quelques crimes. M. Paul Bourget demeure imperturbablement égal à lui-même. Il écrit toujours aussi bien, aussi froidement, aussi méthodiquement. J’aime toujours autant à le lire, parce qu’il m’apprend à aimer les défauts des autres, de ceux qui ne sont pas de l’Académie. Ragotte, par Jules Renard. En habit vert, ce livre se présente comme un espoir. Il est une fin fort honorable. Jules Renard, décoré de l’Académie Goncourt et maire de son pays, n ’a plus qu’à attendre les articles sur commande de ses meilleurs amis, je veux dire de ses am is de la dernière heure, de l’heure verte, de l’heure des palmes. J’en ai lu un dans le Gil Blas signé Edmond Sée. Il m’a paru si lourd de lauriers et de grosses bêtises, de ces bêtises de gens spiri­ tuels dont il se faut garer comme de la peste, que j ’ai résolu de me taire... ça me paraît plus respectueux encore. ràchilue. 20