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Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/110

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3o«  MERCYRB DE FRANGE— 16-1-1909 nature dans les ateliers do Montmartre; ils sont Louis XV ... comme une fontaine W allace; ils sont lourds, terriblement lourds, pis que lourds, gras, et chose plus extraordinaire, presque originale, ils n’ont à eux deux qu’une seule main, une main épaule-de-moalon% farouche, monstrueux symbole de l’union qui fait la paillardise, sinon la force de leur silhouette compliquée. Il y a dans c« livre, sous cette couverture indiscrète, des perles. On en trouve souvent entre les plis intérieurs, bleuâtres et irisés des grosses huîtres qui ont aussi des stries noires sur leurs coquilles fermées, tels des rubans de velours, genre de plus en plus Louis XV des fontaines pu­ bliques. Ces perles ne sont pas d’un orient très pur sous le rapport de la morale, mais elles sont au moins d’un meilleur style que celui de Montmartre. Vraiment Remy de Gourmont pourrait se pssser d’un pavillon. Couleurs sur couleurs, c’est une faute d’héraldisme, sinon de goût, et cette m ain,si malencontreusement indicatrice, cette main épaisse, a un peu trop l’air d’écrire le mot sur la chose. L’Amour dans cinq mille ans, par Fernand Kolney. 11 paraît que dans cinq mille ans le fameux geste de la reproduction ne sera plus que médical ou si vous aimez mieux, qu’artificiel. Des sa~ vants-philosophes pontifieront et opéreront devant les foules assem­ blées avec tous les rites de l’ancien cérémonial de la cueillette du gui, tant il est vrai que les hommes ne peuvent jamais rien faire sans exagération; mais il y aura des surprises, les femmes n’étant pas plus sérieuses dans cinq mille ans qu’elles ne le furent à l’époque des druides. Les malheureux philosophes de ce temps-là y perdront leur latin et fouilleront les archives pour le retrouver. Ils constate­ ront alors,à leur grande stupeur,que la reproduction artificielle était déjà inventée bien avant que l’amour ne fût aboli et ils découvriront que M. Eliphas,qui a flagellédéjà ses contemporains au sujet de leurs mauvaises mœurs,avaitprédit tout ce qui devait arriver beaucoup plus tard, lorsque le nommé Saî*ax tiendrait le...sceptre de la génération artificielle.L ’auteur a dépensé une énorme dose de patience littéraire pour mener jusqu’à sa sanglante apothéose cette fabuleuse débau­ che de son imagination. C ’est une pièce de collection que ce livre rare et curieux. Il est d’abord en vente chez son propre père, telle­ ment celui-ci tient à ce que son dernier né ne tombe pas sous les yeux des profanes, et, en outre, il est fort bien édité. On fait courir le bruit à son sujet qu’il contient les plus violentes satires contre cer­ taines personnalités très en vue : c’est possible,mais les lecteurs sans parti pris peuvent aimer à le lire pour le seul plaisir de suivre un réel effort d’art et de compter à l’actif de son auteur une énorme somme Je travail. La Guenille, par Charles Derennes. C ’est pourtant un bon petit garçon, ce Georges qui a l’innocence d’aimer une seule femme près-