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Page:Mercure de France, t. 77, n° 277, 1er janvier 1909.djvu/189

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REVUE DE LA QUINZAINEi85de Paris. Mais aussi, tous sont empreints « du sentiment qui n’a
« jamais cessé de l’inspirer dans les dangers qu’elle a courus, dans
et les traits de dévouement qu’elle a faits, et dans les combats qu’elle
« a livrés ». Mais quel est ce sentiment? fâcheux oubli. Voilà ce
que Ton eût aimé savoir.Mme adèle chemin a écrit le Courrier Russe ou Cornélie de
Justal, 3 vol. in-12, « dans le noble dessein d’être utile à son sexe
c< en prenant la défense des femmes laides et en les rassurant sur leur
« sort ». Je doute fort qu’un si noble dessein ait trouvé autre chose
que ringratitude. -Quelle est celle qui aura cru que ce livre la con¬
cernait ?M*»e babois (victoire), cc conduite et inspirée par la douleur, a com-
cc posé des Elégies admirables, notamment sur la mort de Ducis et
« sur la Spoliation stupide de notre muséum » qui <c ont fait couler
cc des larmes partout/... ». On nous apprend, en outre, que cette
dame était trop supérieure « pour ressentir jamais ce sentiment de
cc rivalité qui, dit-on, divise les femmes de Lettres, et heureuse au
« contraire d’avoir à leur donner des éloges, elle s’est fait un noble” 7« plaisir d’adresser une Epitre à... Clotilde de Surville» !Mme de gévaudan n’a presque rien écrit non plus. Mais on nous
dit qu’elle est jolie, ce qui vaut assurément un long poème. Et Ton
ajoute que si ses productions sont rares, elles sont cc l’œuvre d’une
« âme de feu», car cc elle n’écrivait que sous l’influence de l’inspira-
a tion du souffle de cette sublime portion de notre être » ! Espérons
qu’elle écrivait mieux que son biographe, qui est d’ailleurs une
dame — de génie aussi, bien entendu.Pour Mme AGiER-pREvosT,peu s^e’n est fallu qu’elle ne ratât le coche
de la célébrité, car elle mourut à l’âge de soixante-dix ans, et c’est
seulement l’année de sa mort que’parut un roman de sa composition :
Eléonore de Cressy, 2 vol. in-12.Mme delabarre n’a guère que des cc fragments » à nous offrir,
composés à l’âge de vingt-deux ans, « où se trouvent réunis la
« grâce et l’intérêt ». Mais on annonce qu’elle prépare un grand ou¬
vrage : la Chambre nuptiale.Cet ouvrage ccest le résumé d’une pen-
cc sée philosophiq ue que l’on sera surpris de voir traitéepar une femme».
Est-il resté à l’état de projet, et sut-on jamais la pensée philosophi¬
que qui devait y présider? Le biographe augmente encore nos regrets
en citant au hasard un fragment de ce fragment » pour faire juger
du style de cette dame :Moi je réponds devant Dieu et devant les hommes de l’avenir de mon
fiis. Il a un beau nom à porter, il a un rang élevé à soutenir, et tous mes
efforts se réuniront sans cesse pour le maintenir dans le chemin de l’hon-
. neur et des obligations que la société impose à tous ses membres, mais