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Page:Mercure de France, t. 77, n° 277, 1er janvier 1909.djvu/187

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REVUE DE LA QUINZAINE183dans celui « des idées et des habitudes du monde distingué qu’elle vit
le jour ». Son père « jouissait d’une grande fortune à laquelle il
« faisait honneur avec générosité et bon goût».Plus tard.cette demoi¬
selle devait écrire « l’histoire d’Héloïse, l’abbesse savante qui a exprimé
« les soupirs de Sapho en traits de Sénèque ». Et il faut croire que,
pour parler des femmes qui écrivent, par contagion on adopte un
style à hauteur ; car toute la biographie de MUede Meulan (Mme Gui-
zot) continue sur ce ton, et celui qui la signe n’est autre que Sainte-
Beuve.Le père de Mme dénoix (fanny-louise) « lui a inspiré dès l’enfance
« le goût de la Littérature », et ce goût est devenu par la suite « une.
« source de délices enivrantes pour cette dame». Elle a composé
a quelques poèmes légers et plaintifs, entre autres Jeanne Hachette,
« ou le Siège de Beauvais ».t,Pour Mme dk carlowitz, on nous apprend qu’à l’âge de sept ans
elle fut saisie d’une fièvre maligne qui mit ses jours en danger... Le
Dr Gall sauva cette tête « qui offrait à la phrénologie le champ d’ob-
« servations le plus intéressant, et, l’année suivante, elle put se livrer
« à l’étude de l’histoire, des mathématiques, de la physique, de l’his-
« toire naturelle, de la géographie, de la littérature, des beaux-
«arts, et surtout de la philosophie, pour laquelle ses auteurs favoris
« étaient Aristote, Platon, Sénèque, Kant, et Leibnitz, dont elle exa¬
ct minait et jugeait les pensées avec une logique judicieuse ».Ayant usé, sans doute, à l’âge de huit ans, toute sa logique judi¬
cieuse sur les écrits des philosophes,il ne lui en resta pas la moindre
quand il s’agit de mariage. Elle se laisse berner par « un escroc de
« grand genre, qui s’empara de la fortune de cette jeune personne »,
se tourne vers « les Belles-Lettres », — et il en résulte un’ roman
philosophique : L’Absolution, ou Jean le Parricide —3 vol. in-8
— qui n’est pas moins qu’un chef-d’œuvre, cela va sans dire.Mlle constance pipelet, qui manifeste également des aptitudes lit¬
téraires prodigieuses et naît en outre « au sein de l’opulence», ce qui
vaut mieux, oc a prêté son talent à tous les principes généreux,
« car elle voyait dans l’art d’écrire l’heureux moyen de mettre en
« circulation les pensées utiles — et quand les partis se heurtaient,
« quand la jalousie divisait les hommes de talent, elle les invitait
« à se disputer la plume, mais à ne point la briser (???)... Aussi, son
« Epître sur les dissensions des gens de lettres est accueillie avec
« le plus vif enthousiasme, ainsi que plusieurs autres pièces toutes
« empreintes du cachet de ses grands sentiments ».L’universalité aura été l’apanage de Mme d’arconville, nous dit
avec simplicité son biographe. — Histoire, morale, o&téologie, rien
ne l’embarrasse — le tout signé du nom de Dr Sue « par une mo-
« destie féminine bien remarquable ». Elle couronne son universa=>