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Page:Mendès - Philoméla, 1863.djvu/75

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silence


Qu’une goule me hante et que mon sang tarisse !
La seule exhalaison de ma plaie a suffi
Pour que la fleur d’une âme exquise se flétrisse.

Jette aux anges sereins ton ténébreux défi,
Tant qu’enfin les talons de la blanche cohorte
T’écrasent ! vil serpent d’impuretés bouffi.

Quelle douleur s’égale au fardeau que je porte ?
Je dédaigne d’ouïr la plainte d’un amant ;
Je rirais sur la croix de ma maîtresse morte.

Si je mettais en vers mon infernal, tourment,
Comme un habit de nain qu’endosse une géante
La strophe craquerait épouvantablement.