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Page:Mendès - Philoméla, 1863.djvu/205

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pantéleia


C’est que voici le temps des fureurs estivales,
L’instant du rut. L’appel lointain de l’étalon
Fait tressaillir d’amour les superbes rivales,

Et le désir leur met des ailes au talon !
Leur amant est là-bas, parmi les herbes jaunes,
Derrière ces taillis qu’émonde l’aquilon,

Rêveur, sur le penchant des monts aux vastes cônes,
Où, seuls, dans les sapins frémissants comme un luth,
Les aigles rois ont fait leurs nids qui sont des trônes ;

Et sans cesse enivré d’amour, cherchant le but,
Par les rudes chemins et sous le ciel en flamme
S’élance le troupeau des cavales en rut !