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pas, Betzi, tu ne m’abandonneras jamais, jamais ! »

D’Eglof, auquel aucun mouvement de mon ame ne pouvait échapper, s’apperçut avec douleur des remords et des regrets qui troublaient encore trop souvent le repos de mon cœur, la tranquillité de ma vie ; mais il n’avait pas le droit de s’en plaindre, car les reproches que je me faisais intérieurement ne s’adressaient jamais à lui, et ma sensibilité répondait à tous ses soins par le plus juste et le plus tendre retour. Son indulgente amitié me pardonnait ces souvenirs mélancoliques, et ne se refusait pas même de les partager avec moi. Si je ne jouissais pas d’un bonheur sans mélange, j’étais contente ; et je tâchais de mériter les faveurs de ma destinée par la sagesse de ma conduite, par la modération de mes desirs, et