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femme dépendait de l’opinion de tout ce qui l’entourait ; quelque injuste et quelque bizarre que me parut cette opinion, je compris toute la rigueur des sacrifices qu’on lui faisait et qu’on était sans doute obligé de lui faire. Je fus frappée du bonheur et du besoin d’être considérée ; je reportai tristement mes regards sur moi-même, et cette cruelle réflexion désenchanta, pour ainsi dire, en un moment le séjour céleste où je vivais avec tant de sécurité, mais qui n’existait que par le prestige de la passion la plus tendre et la plus heureuse. Je tombais souvent dans une rêverie dont rien ne pouvait me distraire ; je me refusais souvent aux amusemens pour lesquels j’avais témoigné jusqu’alors le plus de goût ; je saisissais avec empressement le prétexte de me renfermer chez moi, de me livrer à des