Page:Meister - Betzi.djvu/316

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


hors de nous mêmes, nous enlèvent aux simples mouvemens de notre instinct naturel, et nous entraînent comme malgré nous dans le torrent de la société ; l’empire de cette enchanteresse nous modifie alors, sans que nous puissions nous en défendre, au gré de ses besoins, de ses caprices, de ses conventions les plus tyranniques comme les plus sages. J’avais vécu long-temps dans le monde sans regarder autour de moi ; ma raison plus éclairée, ma sensibilité plus active, plus susceptible, me fit appercevoir, et dans le monde et dans les livres qui m’avaient amusée jusqu’alors, des nuances de vices et de vertus, de sentiment et de principe dont j’avais retenu le mot, mais dont j’étais loin d’avoir pénétré l’idée. Je fus sur-tout cruellement saisie en découvrant à quel point l’existence d’une