Page:Meister - Betzi.djvu/307

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


impossible d’enlever à ton amour, ses desirs et sa tendresse ! Sa tendresse fut toujours fort au-dessus de ses desirs ; sa tendresse et ses desirs n’eurent jamais l’illusion à laquelle la plupart des hommes mettent un si grand prix. Tu sus m’aimer toi-même, Séligni, sans jouir d’abord du charme de cette erreur ; mais à force de m’aimer tu crus bientôt le retrouver dans la douce étreinte de mes embrassemens, et la délicatesse de ton ame aimante et sensible te le fit retrouver en effet. Je t’aimai comme je n’avais jamais rien aimé ; je me crus aimée comme je ne l’avais jamais été. Peut-être même… Mais tes préventions d’habitude, les destinées jalouses d’un bonheur parfait sur la terre, ne l’ont pas voulu. Cher Séligni, que du moins je conserve tout ce qu’elles me donnent, tout ce qu’elles m’ont laissé ! Tu vois