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crois, de l’être aux yeux de mon ami. Pour m’arracher aux liens qui me devenaient de jour en jour plus insupportables, je proposai plus d’une fois à Séligni de renoncer à tout autre engagement, à tout autre projet, de me choisir une retraite ignorée du monde et de n’y vivre que pour lui : soit qu’il ne crût point assez à la constance d’une pareille résolution, soit qu’il redoutât pour sa propre liberté la chaîne des devoirs que lui pourrait imposer l’étendue d’un pareil sacrifice, soit qu’enfin son ame douce et généreuse n’eût point assez de confiance dans les moyens qu’il avait de s’acquitter envers moi de ce que je n’aurais pas plus fait en ce moment pour lui que pour moi-même, il employa toute l’éloquence de son esprit et de son amour à me persuader que, d’après mes propres principes, notre