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le mal où il n’existait pas, rend dangereux ce qui ne l’eût jamais été d’ailleurs. Sans ce charme funeste, les esprits faibles ou médiocres qu’on eût laissé végéter dans leur faiblesse et dans leur médiocrité, n’eussent jamais conçu toutes les idées fausses et extravagantes qui les tourmentent et les égarent. Sans ce charme funeste, mille et mille passions humbles n’eussent jamais été portées a la même violence ; il eût été bien plus facile au moins d’en arrêter ou d’en prévenir les éclats. Que d’hommes d’ailleurs qui ne sont devenus le fléau de leurs semblables que parce que le principe trop actif de nos sociétés développa très-malheureusement en eux des idées et des forces dont ils ne purent trouver l’emploi dans leur sphère habituelle ! Que de passions criminelles seraient restées ensevelies dans une