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malheureux Séligni se trouva dans l’impossibilité la plus absolue de lui répondre ; chaque trait de son discours brûlait son cœur et le glaçait tour-à-tour. Quand elle eut cessé de parler, Séligni profondément absorbé dans le sentiment de la surprise et de l’admiration la plus douloureuse, soutenait avec peine sa tête appuyée sur ses deux mains pour cacher ses larmes et pour étouffer ses sanglots ; Betzi la releva doucement et la pressant contre son sein : est-ce encore à moi, lui dit-elle, de te consoler, à moi la plus malheureuse ! quels que soient mes devoirs, mes résolutions, puis-je cesser d’être pour toi tout ce que je suis ? Non, ce n’est point un autre amour, c’est le destin, c’est la mort qui veut t’arracher ta douce amie ; mais elle est encore dans tes bras, ne peux-tu l’y retenir encore,