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caractère fût naturellement plus ambitieux ; il cessa de l’être, parce que celle qu’il aimait eût craint que toute espèce d’éclat ne trahît un secret nécessaire à son repos, à son bonheur. Je n’ai guère vu un jeune homme plus jaloux de son indépendance, et ses moindres desirs étaient soumis sans réserve aux volontés adorées de l’être, à la vérité, le plus sensible, le plus généreux, le plus aimable, mais aussi le plus exigeant, le plus impérieux. Olympe avait trop de lumières, trop de bonté naturelle, pour ne pas céder à l’ascendant d’une raison supérieure, à la force d’un sentiment noble et juste ; mais elle se vengeait, pour ainsi dire, de la nécessité d’obéir à cet empire, en tâchant d’en étendre les limites, d’en accroître elle-même la puissance, d’en former un autre empire à sa fantaisie, et d’y soumettre