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UNE AVENTURE EN TUNISIE

Je m’élançai pour le retirer, mais ils étaient deux contre un : le plus jeune des voyageurs venait d’accourir au secours de son compagnon. Halef, qui jusqu’alors affectait de rester indifférent à notre querelle, voyant quelle tournure prenait l’affaire, mit en joue les deux drôles. Si j’avais fait un signe, il eût tiré sans hésiter. Je me baissai pour ramasser la boussole.

Il dirigea sur moi son revolver ; j’en fis autant vis-à-vis de lui.

« Laisse cela, criaient toujours mes gens, c’est notre bien ! » Et, joignant l’action à la parole, le plus âgé serrait fortement mon bras. Je vis qu’il fallait parlementer.

« Assieds-toi, lui dis-je, nous avons à causer.

— Je n’ai rien à te dire.